Bruxelles prépare la copie des Vingt-sept sur les fonds souverains
La Commission livrera aussi demain ses pistes en matière de stabilité financière, en vue du sommet des chefs d’Etat européens les 13 et 14 mars
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Florence Autret, à Bruxelles
Eviter des initiatives nationales intempestives : tel est le principal souci de la Commission européenne qui présentera mercredi, par la voix de Joaquin Almunia et Charlie McCreevy, les commissaires européens en charge respectivement des Affaires économiques et des Services financiers, deux communications sur les fonds souverains, d’une part, et la stabilité financière, de l’autre. Ces documents synthétiques d’une quinzaine de pages devraient dessiner la colonne vertébrale d’une position des chefs d’Etat et de gouvernement européens qui doivent se saisir du sujet lors du sommet des 13 et 14 mars à Bruxelles.
Lundi, le président de la Commission José Manuel Barroso en a dessiné les grandes lignes. Surtout pas de stigmatisation mais un ferme encouragement à l’autorégulation. « Les fonds souverains... présentent des opportunités. Ils ne sont pas le grand méchant loup qui frappe à la porte... Les récentes turbulences financières montrent que les fonds souverains peuvent aider à stabiliser les marchés », a-t-il déclaré en visite en Norvège, qui abrite l’un des principaux fonds souverains actif en Europe. « Les fonds d’investissement publics et privés européens sont soumis à des règles strictes de gouvernance et de publicité ; nous ne pouvons pas autoriser les fonds non européens à être gérés de façon opaque ou utilisés comme le vecteur d’une stratégie géopolitique », a-t-il ajouté.
La stratégie européenne consiste à « protéger ses intérêts politiques légitimes sans verser dans le protectionisme », résumait hier un porte-parole de la Commission. D’où l’appel à l’autorégulation autour de « principes de transparence, de prévisibilité et de responsabilité ». José Manuel Barroso propose de se fixer l’objectif d’un code de conduite international, chapeauté par le FMI, d’ici à la fin de l’année. Récemment, Kristin Halvorsen, la ministre norvégienne des Finances, est venue rencontrer le commissaire Almunia sur ces sujets, probablement pour plaider une approche modérée.
Le reste de l’industrie financière observe de près les mouvements de la Commission. Mais aucun des grands lobbys bancaires n’a pris officiellement position. « Ce que l’on souhaite éviter avant tout, c’est un régime fragmenté en Europe », explique l’un de ses représentants sous couvert d’anonymat.
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