Bruxelles ne prend pas de pari sur la reprise de la croissance en Europe
C’est la panne, reconnaît la Commission européenne. Olli Rehn, son vice-président, en charge des questions économiques et monétaires, prévoit une croissance zéro en 2012 dans l’Union européenne (UE), et même un recul de la création de richesse de 0,3% dans la zone euro, nettement moins que les prévisions de l’automne 2011 (+0,6% pour l’UE et +0,8% pour la zone euro).
Ce tassement est déjà inscrit dans la réalité puisque le PIB était en recul de 0,3% (UE) au dernier trimestre. «Les perspectives ont empiré et les risques persistent sur la croissance mais nous observons des signes de stabilisation», a-t-il déclaré.
En d’autres termes, Bruxelles n’exclut pas une détérioration de la situation même si elle espère que l’on passe «du stade de la stabilisation à celui de la stimulation de la croissance et de l’emploi». Du côté positif, Bruxelles entrevoit les effets du plan grec. «Les prochains mois sont critiques pour sa mise en œuvre», a expliqué Olli Rehn. De même le processus de recapitalisation des banques, engagé sous l’égide de l’Autorité bancaire européenne, n’a «pas mené à un deleveraging massif, comme certains l’avaient cru initialement». L’indicateur de confiance économique retrouve un peu de couleur après avoir chuté brutalement au dernier trimestre de 2011. Il a augmenté en janvier pour la première fois depuis mai 2011.
La moins bonne nouvelle reste la chute de la croissance allemande à 0,6% après deux années 2010 et 2011 exceptionnellement porteuses (+3%). Bruxelles mise sur les réformes structurelles engagées notamment dans le Sud de l’Europe mais aussi au Royaume-Uni et en Irlande pour amener une reprise au second semestre 2012. Mais les perspectives restent sombres. A l’automne, la Commission prévoyait que seuls le Portugal et la Grèce seraient en récession au second semestre. Elle a à présent ajouté à la liste les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Hongrie et la Slovénie. La France se maintient en très légère croissance à 0,4%. Par ailleurs, l’inflation reste relativement élevée compte tenu du tassement de la croissance, à 2,3% (UE) et 2,1% (zone euro), à cause de l’augmentation des prix de l’énergie.
Le commissaire a indiqué qu’il ne comptait pas à ce stade revoir les objectifs de consolidation budgétaire assignés aux pays sous surveillance comme l’Espagne et le Portugal, dont l’horizon s’est fortement assombri et dont les recettes fiscales devraient donc chuter.
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