Bruxelles impose de nouvelles contraintes aux agences de notation
Bruxelles formalise un contrôle a minima des agences de notations. Le Parlement européen et le Conseil se sont entendus hier soir sur une nouvelle directive d’encadrement du secteur, sous le feu de la critique. «Les agences de notation devront être plus transparentes lorsqu’elles notent des Etats souverains, respecter des règles de timing sur les ratings souverains et justifier du moment de la publication de notations non sollicitées de la dette souveraine» a expliqué le commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier dans un communiqué. Et d’ajouter qu’«elles devront suivre des règles plus strictes qui les rendront plus responsables de leurs erreurs en cas de négligence ou intentionnellement».
Pourtant, la législation est moins ambitieuse que les propositions initiales. Sur le sujet des dettes souveraines, le texte est bien loin des premiers souhaits d’interdire purement et simplement les notes pour les pays sous aide internationale et d’imposer une rotation obligatoire d’agences de notation tous les trois ans pour les Etats et les entreprises afin de stimuler la concurrence.
Le texte, qui constitue le troisième cadre réglementaire voté en moins de deux ans, autorise un changement de notations non sollicitées des Etats par les agences limité à trois fois par an et à des dates indiquées à l’avance, et la rotation est strictement limitée à la notation de certains produits structurés. La création d’une agence européenne de notation d’ici 2016 a néanmoins été évoquée.
Le point fort du texte, qui devrait être ratifié d’ici la fin de l’année par le Parlement et les Etats, est la partie concernant la lutte contre les conflits d’intérêts. Chaque investisseur détenant des intérêts dans plusieurs agences verra sa participation limitée à 5% du capital, et il sera en outre impossible à une agence de noter une entité qui aurait plus de 10% de son capital.
Ce point n’a d’ailleurs pas tardé à faire réagir le Financial Times qui met en exergue la participation de 12,5% que détient Warren Buffett par le biais de Berkshire Hathaway dans Moody’s. Et le PDG de Fimalac, qui détient 50% de Fitch Ratings, d’indiquer au Figaro que les projets sur la notation des entreprises risquent « de renforcer le duopole exercé par S&P et Moody’s ». Interrogé sur un éventuel allégement de sa participation dans Fitch, Marc Ladreit de Lacharrière indique que « considérant les taux de croissance de Fitch et son positionnement mondial, je n’ai pas l’intention de m’en priver ».
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché. -
Safran renforce sa présence dans l’industrie allemande de la défense
Le groupe français va investir 50 millions d’euros dans une nouvelle usine de fabrication d’équipements électroniques à Ludwigsburg, près de Stuttgart. -
Carmignac recrute Frédéric Jeanmaire pour muscler sa gestion actions
Le gestionnaire indépendant renforce sa présence à Londres et prépare un nouveau fonds européen. -
La Banque d’Indonésie relève ses taux pour défendre la roupie et sa crédibilité
Cette décision inattendue est plutôt bien perçue, car elle renforce l’image volontariste de la banque centrale qui pourrait choisir de poursuivre cette politique restrictive. Toutefois, cette seule mesure peut s'avérer insuffisante pour stabiliser durablement la devise.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- Amundi compte une nouvelle administratrice indépendante
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui