Bruxelles et Washington se préparent à une négociation commerciale tendue
Les Etats membres de l’Union européenne ont voté lundi à une écrasante majorité en faveur de l’ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis. Seule la France a voté contre le mandat proposé par la Commission européenne, tandis que la Belgique s’est abstenue.
La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, va désormais prendre contact avec son homologue américain Robert Lighthizer. «Je pense que cela peut aller assez vite, a-t-elle déclaré, selon des propos cités par Reuters. Nous sommes absolument déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour terminer (les négociations) pendant la Commission Juncker», dont le mandat s’achève le 31 octobre.
Alors que les échanges entre les Etats-Unis et l’Union européenne représentent 30% du commerce mondial, les discussions s’annoncent encore plus tendues qu’à l’ordinaire. La Commission veut entamer des négociations avec l’administration Trump avec un double mandat : obtenir une baisse des droits de douane sur les produits industriels, et faciliter la tâche des entreprises pour le respect des normes des deux blocs.
Paris, qui invoquait le chantage exercé par le président américain Donald Trump ainsi que son retrait unilatéral de l’accord de Paris sur le climat, souhaitait renvoyer le sujet après l’échéance des élections européennes fin mai. A l’inverse, l’Allemagne veut essayer de mettre le plus tôt possible ses constructeurs automobiles à l’abri d’une hausse des droits de douane aux Etats-Unis, une menace qui prendrait de l’épaisseur si l’administration Trump parvenait à un accord avec la Chine.
Les deux puissances sont également à couteaux tirés concernant leurs subventions aux constructeurs aéronautiques Airbus et Boeing. Donald Trump a brandi la menace de droits de douane sur 11 milliards de dollars (9,8 milliards d’euros) de produits européens, et Bruxelles entend répliquer dès mercredi en rendant publique une liste de produits importés des Etats-Unis, représentant 20 milliards d’euros, qui pourraient être taxés.
La Commission a en revanche assuré qu’elle ne discuterait pas de l’agriculture, un casus belli pour plusieurs pays dont la France, malgré les exigences de l’administration Trump. «L’agriculture ne fera pas partie des négociations. C’est une ligne rouge pour l’Europe», a assuré Cecilia Malmström.
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