Bruxelles espère 35 milliards d’euros par an de sa taxe sur les transactions
La Commission européenne a dévoilé hier un projet de taxe sur les transactions financières renforcé par rapport à celui de 2011. Il servira de base de travail aux 11 Etats qui, faute d’accord à 27, ont décidé l’année dernière de mettre en œuvre cette «taxe Tobin» dans le cadre d’une «coopération renforcée». Les banques et les assurances parlent déjà d’une mesure contre-productive.
Comme en 2011, la Commission souhaite taxer les échanges à 0,1% pour les actions et obligations et 0,01% pour les dérivés. La mesure toucherait toutes les transactions, dont l’une des parties est basée dans la zone de la taxe ou agit pour un client de cette zone. Soucieuse d’éviter tout contournement, Bruxelles a remanié son projet pour toucher aussi les échanges qui concernent un instrument émis dans l’un des 11 Etats en jeu (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Autriche, Slovénie, Slovaquie, Grèce, Estonie, représentant 60% du PIB européen).
La taxe s’appliquerait essentiellement aux transactions des institutions financières et non pas aux opérations quotidiennes des particuliers ou des entreprises (souscriptions de contrats d’assurance, etc). Les émissions primaires d’actions, d’obligations ou de parts d’OPCVM seraient exclues du champ de la taxe, tout comme la gestion de la dette publique par les Etats ou les opérations menées par la BCE et les fonds de secours européens.
La Commission évalue les recettes de la taxe entre 30 et 35 milliards d’euros par an. Elle ne dit pas si elle tient compte d’une possible baisse des volumes comme celle provoquée par la taxe française. Les Etats détermineront l’utilisation de cette hypothétique manne.
Bruxelles vise une entrée en vigueur dès le 1er janvier 2014. C’est très ambitieux car les 11 pays concernés doivent s’accorder à l’unanimité. Les autres Etats membres pourront aussi intervenir dans les débats, ce que la Grande-Bretagne et le Luxembourg ne devraient pas manquer de faire. Même les Etats-Unis s’inquiètent déjà pour leurs investisseurs, selon un porte-parole du Trésor cité par Bloomberg.
Les banques sont aussi montées au créneau. L’AFME, qui représente les plus grandes, s’insurge contre un «frein à la croissance». Deutsche Börse voit la taxe comme un «cadeau pour les places financières moins régulées et moins transparentes». L’association Insurance Europe, qui défend assureurs et réassureurs, soutient de son côté que les clients finaux seront les principales victimes de la taxe.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France