Bruxelles craint que l’Espagne ne tienne pas ses objectifs budgétaires

Le pays est notamment victime des dérapages des régions. La France est aussi attendue au tournant
Solenn Poullennec
Symbole européen. Photo: PHB/Agefi
Symbole européen. Photo: PHB/Agefi  - 

La Commission européenne doute de la capacité de l’Espagne et d’autres pays à respecter leurs engagements de réduction du déficit alors que l’activité économique peine à redémarrer dans la zone euro. Bruxelles a publié la semaine dernière ses nouvelles prévisions économiques. La croissance est censée se contracter de 0,3% dans la zone cette année avant de croître de 1% l’an prochain.

Les déficits publics devraient continuer à décroître, ils passeraient de 4,1% en 2011 à 3,2% en 2012 et 2,9% en 2013. Mais la Commission souligne les disparités importantes entre les pays. En Espagne, la croissance est attendue en recul de 1,8% cette année et de 0,3% en 2013. Le déficit du pays devrait être égal à 6,4% du PIB en 2012 et à 6,3% en 2013. Ce niveau est beaucoup plus élevé que celui que s’est fixé le gouvernement espagnol. A l’issue d’un débat houleux avec Bruxelles, il s’est engagé en mars à ramener son endettement à 5,3% du PIB cette année et à 3% en 2013.

La Commission considère que les objectifs établis pour le gouvernement central devraient être atteints mais que des «écarts sont attendus à ce stade pour les communautés autonomes». L’institution concède que certaines mesures applicables aux régions doivent encore être précisées. Reste que le système de sécurité sociale devrait afficher un déficit record avec la montée du chômage.

Selon la Commission, le déficit français, qui avait atteint 5,2% du PIB en 2011, sera ramené à 4,5% en 2012 et à 4,2% seulement en 2013. Ces chiffres, supérieurs à ceux avancés par le gouvernement sortant se fondent sur la politique de ce dernier, y compris sur les mesures qui pourraient être remises en cause par François Hollande. Le nouveau président s’est aussi engagé à ramener le déficit à 3% du PIB en 2013. «J’attends le rapport de la Cour des comptes [sur l’audit des finances publiques] pour ensuite prendre les décisions qui s’imposeront», a-t-il déclaré vendredi. Dans son programme, le socialiste a retenu des hypothèses de croissance de 0,5% en 2012 et de 1,7% en 2013, alors que la Commission table sur une progression l’année prochaine de 1,3%.

Dans l’ensemble, Bruxelles salue les efforts de consolidation budgétaires réalisés par le Portugal et l’Italie. Certains pays devraient au contraire voir leur déficit augmenter, comme les Pays-Bas et la Grèce.

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