Brexit : le casse-tête douanier de Theresa May
C’est une réunion cruciale qui se tient ce vendredi dans la résidence de Theresa May à Chequers. La Première ministre britannique espère réaliser l’union sacrée de son cabinet pour aboutir, enfin, à un plan crédible concernant les futures relations commerciales du Royaume-Uni avec l’Union européenne. L’objectif est de présenter dès la semaine prochaine un livre blanc aux parlementaires britanniques et aux négociateurs de Bruxelles.
Il ne faut pas écarter le risque d’un nouvel échec. Ces derniers jours, les services de Theresa May poussent l’idée d’une troisième option pour gérer les questions douanières et éviter le rétablissement d’une frontière physique entre les deux Irlande. Les deux premières options, rappelons-le, divisent la propre majorité de Theresa May et sont jugées impraticables. L’une verrait le Royaume-Uni collecter les droits de douane pour le compte de l’Union européenne sur les importations de biens en provenance de pays tiers. L’autre, baptisée « facilitation maximale », repose sur l’utilisation de technologies par les entreprises, mais elle ressemble surtout à une coûteuse usine à gaz.
La troisième option pourrait reprendre le meilleur des deux approches précédentes. Mais l’on n’en sait guère plus à ce stade sur un projet qui suscite les doutes aussi bien chez les Brexiters que dans les grandes chancelleries, notamment à Berlin. La chancelière allemande Angela Merkel, qui accueillait jeudi Theresa May, a d’ailleurs exhorté le Royaume-Uni à préciser rapidement ses plans. Le scepticisme est partagé sur les marchés. Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a renforcé jeudi les anticipations d’une hausse des taux au mois d’août. Sa probabilité est désormais estimée à 80%. Mais les cambistes n’achètent pas totalement ce scénario, la livre sterling étant retombée à ses plus bas niveaux depuis mi-mars face à l’euro.
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