BlueNext veut s’imposer dans le concert des Bourses de l’environnement

La filiale de la Caisse des dépôts et de Nyse Euronext va lancer au deuxième trimestre un marché à terme de la finance carbone
Alexandre Garabedian

Le calendrier ne doit rien au hasard. Alors que la Commission européenne doit dévoiler aujourd’hui sa politique en matière d’émission de quotas de CO2 pour l’après-2012, BlueNext a été portée hier sur les fonts baptismaux par ses deux parrains, la Caisse des dépôts et consignations (actionnaire à 40 %) et Nyse Euronext (60 %). La société, construite à partir du rachat de Powernext Carbon, veut devenir la Bourse mondiale de référence dans le domaine du carbone, et au-delà, de l’environnement.

BlueNext revendique aujourd’hui 60 % du marché au comptant des quotas de CO2 en Europe, de la négociation au règlement-livraison. L’année 2008 sera pour elle l’occasion de compléter et déployer son offre. Au deuxième trimestre, la Bourse proposera la négociation des crédits d’émission (certified emission reduction ou CER) que le Protocole de Kyoto permet aux industriels d’engranger lorsqu’ils montent des projets « propres » dans les pays en voie de développement. Seule condition : l’interconnexion des registres européen et international, qui reste à faire. Le deuxième trimestre verra aussi le lancement d’une activité de dérivés, avec un premier contrat d’échéance décembre 2008, la compensation étant assurée par LCH.Clearnet. La Bourse étudie par ailleurs le développement de dérivés climatiques avec MetNext, filiale de Meteo France et d’Euronext.

Le développement d’un marché à terme est indispensable à la croissance des volumes chez BlueNext. « Elle est nécessaire à l’atteinte du point mort. Nous prévoyons d’être rentable bien avant 2012 », précise Serge Harry, président de BlueNext et membre du comité de direction de Nyse Euronext.

Outre l’offre produit, la société évoque des partenariats régionaux en Europe, et compte aussi croître aux Etats-Unis et en Asie, où les marchés de la finance carbone restent à construire. Elle n’exclut pas d’ouvrir son capital. « Au niveau des partenaires financiers, nous songeons d’abord à des fonds ou des banques étant intéressés par notre expérience, ce qui ne veut pas dire, dans une deuxième étape, que nous ne serions pas ouverts à une coopération internationale », indique Jean-François Theodore, directeur général adjoint de Nyse Euronext. BlueNext est dotée d’un capital de 26 millions d’euros, « mais sa valeur intrinsèque est supérieure », juge Serge Harry, qui évoque le rachat par le suédois OMX des activités carbone de NordPool en décembre pour 412 millions de dollars.

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