Berlin assouplit sa position dans les discussions sur une union bancaire
Officiellement Berlin n’a pas changé d’un iota. Que ce soit l’union bancaire, les euro-obligations ou la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES), le gouvernement allemand est contre, tant que les Etats membres de la zone euro n’abandonnent pas une partie de leur souveraineté en matière budgétaire. Mais face à l’isolement accru de cette position dans une Europe en proie à une crise de plus en plus aiguë, l’intransigeance de la position allemande commence à se fissurer.
Désormais la chancelière Angela Merkel affirme qu’il n’y a «aucun tabou» dans les discussions entre dirigeants européens. «Il y a des étapes de l’intégration qui nécessiteront des modifications du traité. On n’en est pas là, mais il n’y a aucun tabou», a-t-elle déclaré ce week-end. Un haut fonctionnaire allemand a fait savoir que son gouvernement souhaite que «les dossiers européens redémarrent et que chacun fasse un pas en direction de l’autre» pour aboutir à une ébauche de compromis lors du prochain sommet européen fin juin.
Tout en multipliant les signes d’ouverture vers les pays voisins, Angela Merkel ne cesse de rappeler sa conviction que les Etats de la zone euro devront au préalable accepter de déléguer davantage de pouvoirs aux instances européennes. Tant que les Etats surendettés s’opposeront à un droit de regard européen, l’Allemagne se sera pas prête à lâcher du lest.
Il en va de même pour l’union bancaire des Dix-Sept ou des Vingt-Sept. Sa création, estiment Angela Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, suppose une intégration financière des Etats beaucoup plus forte qu’actuellement. Pour l’instant, a expliqué la chancelière, l’union bancaire ne semble donc pas réaliste, car «il n’est pas acceptable» que certains Etats payent pour les erreurs des autres, sans avoir le moindre droit de regard sur leur manière de gérer les affaires. L’idée d’une autorité de supervision européenne spécifique pour les banques d’importance systémique devait toutefois être abordée hier soir lors d’une rencontre avec le président de la Commission européenne.
Isolée au niveau européen, la chancelière est dans une position d’autant plus délicate qu’une large majorité de la population et la quasi-totalité des médias refusent toute mutualisation de la dette, un an avant les élections législatives de septembre 2013.
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