Berd et BEI : le rapprochement nécessaire de deux institutions trop proches
La Berd, créée pour aider les pays de l’Est après la chute de l’URSS, doit reconsidérer sa mission, d’autant plus que les pays non européens songent à se retirer
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Les temps changent et l’idée d’une rationalisation qui prendrait la forme d’un rapprochement, où d’une fusion, entre la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) commence à germer dans la tête des dirigeants européens.
Le président de la BEI, Philippe Maystadt, a confirmé jeudi qu’un tel rapprochement entre son institution et la banque créée en 1991 pour reconstruire les pays de l’Est et l’ex-URSS après l’effondrement du Mur de Berlin était une option, « mais la question n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui ", a-t-il déclaré sur les ondes de la radio RTBF.
" Les ministres (des Finances de l’UE) ont convenu qu’ils discuteraient de cette question au plus tôt en 2010 ", a-t-il expliqué. La BEI a déjà une participation de 3 % dans la Berd, dont les actionnaires non membres de l’UE détiennent environ 40 %, avec notamment 10 % pour les Etats-Unis et 8,5 % pour le Japon. Mais l’Australie prévoit déjà de se retirer du capital de la Berd et les Etats-Unis envisagent de suivre le mouvement. » Il est clair que si les actionnaires non européens devaient quitter la Berd, on se trouverait alors avec deux institutions ayant pratiquement le même actionnariat et on peut en effet songer qu'à ce moment-là, une rationnalisation serait souhaitable «, a poursuivi Philippe Maystadt.
Plusieurs responsables ont évoqué des scénarios. Le vice-président de la BEI, Matthias Kollatz-Ahnen, a dit mercredi que la BEI cherchait à prendre à terme une participation majoritaire au capital de la Berd en rachetant les parts détenues par les pays non membres de l’Union européenne. » Nous ne voulons pas davantage d’institutions mais au contraire, réduire leur nombre «, a-t-il ajouté.
Cette évolution permettrait à la BEI de concentrer ses activités sur l’UE alors que la Berd mettrait l’accent sur les ex-républiques soviétiques qui restent en dehors de l’UE. La Berd a déjà annoncé qu’elle cesserait à compter de 2010 d’investir dans les huit anciens pays communistes ayant rejoint l’Union en 2004 et qu’elle porterait son effort vers d’anciennes républiques soviétiques à l’est et au sud.
De son côté, la Commission européenne envisage elle aussi, dans un document, un rapprochement ou une fusion entre les deux institutions, même si elle n’est pas favorable à la fermeture de la Berd en raison de l’expertise accumulée et du signal politique négatif que cela enverrait à certains pays.
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