Ben Bernanke reste prudent sur de nouvelles mesures non conventionnelles
Le banquier central a déçu les espoirs d’une annonce de «QE3» le 20 juin lors d’une audition au Congrès hier
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Violaine Le Gall
Ben Bernanke, le président de la Fed, n’a pas conforté les espoirs des investisseurs après les pistes évoquées par sa vice-présidente Janet Yellen le 6 juin. Elle avait émis la possibilité de relancer les achats d’actifs ou d’allonger la maturité des titres en portefeuille au cas où le rythme de la reprise était insuffisant.
Mais le patron de la Réserve fédérale n’a pas repris ces propositions hier lors de son audition devant le comité économique du Congrès. «La croissance économique devrait continuer à un rythme modéré sur les trimestres à venir, soutenue en partie par la politique monétaire accommodante», a explique Ben Bernanke dans sa déclaration introductive. Il souligne par ailleurs l’amélioration de la confiance des ménages et la rentabilité des entreprises. Mais il reste prudent sur l'évolution du marché de l’immobilier américain et s’inquiète des risques liés à la crise de la zone euro et à la situation budgétaire américaine.
Une nouvelle intervention de la Fed ne pourrait avoir lieu qu’en cas d’aggravation de la situation, a-t-il indiqué: «comme toujours, la Fed est préparée à agir si nécessaire pour protéger le système financier et l'économie américains si les tensions financières grimpent». L’issue des élections législatives en Grèce le 17 juin et la situation en Espagne seront donc suivies de près.
La déclaration sous-entend qu’une troisième phase d’assouplissement quantitatif (QE3) ne sera probablement pas annoncée à l’issue de la réunion du 20 juin, d’après James Knightley, économiste chez ING. Au mieux, une extension de l’opération Twist (allongement des maturités des titres en portefeuille) sera annoncée, ajoute-t-il.
L'économiste d’UniCredit n’abandonne pas tout espoir d’un geste prochain de la Fed.«Peut-être qu’une audition au Congrès n’est pas la meilleure place pour annoncer un nouveau stimulus», avance Harm Bandholz, le Congrès ayant été très critique vis-à-vis du ton très accommodant de la Fed. De plus, l’arrivée en mai dernier de deux gouverneurs qui devraient aligner leurs votes sur ceux du président et des vice-présidents, devrait donner à ces derniers davantage de pouvoir par rapport aux présidents des Fed régionales, qui ont tendance à être les membres du comité les plus «faucons».
Le président de la Fed a échoué le 29 juillet à rendre crédible sa posture de «faucon», comme le montrent les réactions de marché à la suite de sa conférence de presse. Sa stratégie de communication devra évoluer.
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