Ben Bernanke réaffirme la nécessité d’une politique accommodante

81% des économistes interrogés par la Nabe estiment, eux, que la Fed ne devrait pas lancer un troisième volet d’assouplissement quantitatif (QE3)
Patrick Aussannaire

QE3 ou pas QE3 ? Les 259 économistes interrogés dans le cadre de l’enquête publiée hier par la National Economic Policy Survey (Nabe) ont tranché. Ils sont ainsi 81% à estimer qu’un nouveau tour d’assouplissement quantitatif de la part de la Fed n’est pas nécessaire. Dans le même temps, ils ne sont que 27% à considérer qu’une hausse de l’inflation constitue un risque plus grand sur les trois prochaines années que la déflation. Il n’est donc pas surprenant que 58% d’entre eux jugent «appropriée» la politique monétaire actuelle menée par la Fed, 37% l’estimant «trop accommodante» et seulement 7% «trop restrictive».

La Nabe anticipe le statu quo à 71% sur les douze prochains mois. En revanche, seulement 6% des économistes de la Nabe pensent que l’engagement de conserver les taux directeurs à un niveau proche de zéro jusqu’en 2014, est tenable. 26% considèrent qu’une échéance à fin 2012 serait plus réaliste, 29% à fin 2013, et 36% privilégient de mettre un terme à tout engagement.

Le discours de Ben Bernanke, hier, sur l’emploi, pourrait les faire changer d’avis. Le président de la Fed s’est montré très prudent face à l'évolution positive du chômage aux Etats-Unis, surtout due à de moindres suppressions de postes. Le dirigeant a justifié ainsi la poursuite pendant longtemps encore d’une politique accommodante. «Ces remarques devraient refroidir l’idée que la Fed puisse bientôt revenir sur sa prévision de taux 2014 sur la base des récents chiffres de l’emploi», estime Julia Coronado, chef économiste de BNP Paribas aux Etats-Unis.

Si le marché immobilier reste convalescent, l’opération «Twist» de la Fed porte ses fruits. La différence entre les rendements des obligations adossées à des prêts hypothécaires et les rendements d’Etat s’est réduite à 0,29%, après 0,44% fin 2011.

L’amélioration de la conjoncture et les dernières minutes de la Fed ont fait remonter progressivement les rendements des obligations d’Etat (Treasuries) depuis quinze jours, avec un taux 10 ans à 2,23%, contre 1,97% fin février. Les investissements en Treasuries ont cédé 1,4% sur le trimestre, la plus mauvaise performance depuis les 2,67% cédés au dernier trimestre 2010, selon Bank of America. Or, le Trésor a besoin du soutien du marché obligataire pour financer le doublement de la dette à 10.200 milliards de dollars, après 4.340 milliards mi-2007.

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