Ben Bernanke admet des améliorations mais reste prudent sur l'économie

La teneur de son discours au Congrès diminue encore la probabilité d’une troisième phase d’assouplissement quantitatif
Violaine Le Gall

La reprise de l'économie américaine continue» a déclaré hier le président de la Fed Ben Bernanke lors de son audition devant la commission des Services financiers de la Chambre des Représentants. Son constat corrobore donc la révision à la hausse du PIB pour le quatrième trimestre 2011 annoncée quelques heures plus tôt. La croissance américaine est ressortie à 3% contre 2,8% précédemment annoncée, notamment grâce à une contribution de la consommation meilleure que prévu.

Après ce rebond plus fort qu’attendu de l’activité aux Etats-Unis, Ben Bernanke anticipe dans les trimestres à venir une progression du PIB légèrement supérieure ou égale à celle observée au second semestre 2011, à savoir 2,3%.

Le banquier central note également «des développements positifs sur le marché du travail», ce qu’est venu confirmer hier soir le Beige Book. «La baisse du taux de chômage sur l’année passée a été un peu plus rapide que nous aurions pu l’anticiper», a-t-il ajouté. Parallèlement, l’inflation restera modérée, assure-t-il. Certes, le prix de l’essence augmente, mais ce mouvement ne devrait faire monter l’indice des prix que temporairement, d’après Ben Bernanke.

Le tableau dressé par le banquier central est cependant nuancé. «Le marché du travail est loin d'être normal» et «le taux de chômage reste élevé, le chômage de longue durée reste proche des niveaux records et le nombre de personnes travaillant à temps partiel pour des raisons économiques est très élevé», reconnaît-il. Et la Fed n’anticipe pas de baisse marquée du taux de chômage au cours de cette année. Ben Bernanke reste «très prudent sur les perspectives économiques» mais son discours est toutefois plus optimiste qu’il y a quelques mois, analyse Harm Bandholz, économiste chez UniCredit.

Pour l’heure, aucun élément ne justifie un changement imminent dans la politique monétaire de la Fed. «Aucun signal d’ajustement de l’actuelle politique monétaire ou de rachats d’actifs supplémentaires n’a été donné», résume Troy Davis, économiste chez Barclays Capital. «La récente amélioration de la situation économique a clairement abaissé la probabilité d’un nouvel assouplissement quantitatif (QE3) à court terme», estime Harm Bandholz. En matière de politique monétaire conventionnelle, il n’attend pas de hausse de taux avant début 2014.

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