BC Partners contraint de revoir sa copie sur le rachat d’Intelsat
Le fonds d’investissement est parvenu à finaliser l’opération, conclue avant la crise estivale, en révisant les conditions de financement
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Virginie Deneuville
Harman International Industries, United Rentals, Alliance Data Services : plusieurs opérations de LBO ont été mises à mal ces derniers mois dans le sillage de la crise des marchés hypothécaires et du durcissement des conditions de crédit. Face à cet environnement plus hostile, certains fonds d’investissement renoncent dès lors à des opérations, moyennant le paiement d’indemnités, ou sont contraints d’en réviser les conditions. C’est pour cette deuxième option qu’a opté le fonds britannique BC Partners, dans le cadre du rachat, conclu en juin dernier, de l’opérateur satellite Intelsat.
La transaction, qui valorise le groupe technologique à 16,5 milliards de dollars - dont 11,5 milliards de dollars de reprise de dette - constitue la plus importante jamais réalisée par BC Partners. Elle permet en outre à ce dernier d’avancer ses pions aux Etats-Unis où il compte renforcer ses équipes.
Au lieu de refinancer la dette existante, les banques syndiquant l’opération - Credit Suisse, Bank of America et Morgan Stanley - ont demandé aux anciens prêteurs de renouveler leurs prêts à Intelsat. Et 3,6 milliards de dette, pour lesquels BC Partners a accepté de relever le taux d’intérêt de 50 points de base et de payer des commissions additionnelles, ont en outre été ajoutés.
Le trio bancaire a par ailleurs consenti un crédit relais de 5 milliards de dollars, composé de deux tranches : 2,805 milliards de dollars de crédit non garanti senior et 2,155 milliards de dollars de crédit PIK (pay-in-kind, dette remboursable in fine avec capitalisation des intérêts).
« Dans les conditions de marché actuelles, il faut être très pragmatique et c’est ce que l’on fait. Il existe un certain nombre de petites mesures techniques à réaliser pour aider les banques (…) sans trop changer les termes économiques », a expliqué Raymond Svider, associé chez BC Partners, au Financial Times. BC Partners a ainsi accepté d’insérer dans les termes d’une partie du prêt des non-call features, clauses impliquant une pénalité lors d’un rachat de la dette. Une partie des fonds propres (1,5 milliard de dollars) d’Intelsat sera cédée à des co-investisseurs, à savoir notamment les fonds américain Silverlake (pour 250 millions de dollars) et japonais Unison Capital (pour 40 millions de dollars).
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