Barclays entre à son tour sur le marché de la banque de détail russe
Barclays repart à l’assaut. La banque britannique fait à son tour son entrée sur le marché de la banque de détail russe, où elle avait déjà une activité de banque d’investissement. Elle paie 745 millions de dollars (490 millions d’euros) en numéraire pour acquérir 100 % d’Expobank auprès de la holding Petropavlovsk Finance. Ce montant représente quatre fois les fonds propres de la banque, qui s’élevaient à 186 millions de dollars fin 2007, et est sensiblement supérieur aux 406 millions de dollars évoqués dans la presse locale à la mi-février.
Expobank, fondée en 1994, est majoritairement présente dans l’ouest de la Russie, surtout à Saint-Pétersbourg et Moscou. Dans ses 32 succursales, les 1.300 employés accueillent quelque 250.000 de clients particuliers ainsi qu’environ 6.500 PME, la banque disposant aussi d’une activité de banque d’affaires et de gros. Gérant près de 30 milliards de roubles (0,8 milliard d’euros) en début d’année, Expobank juge qu’elle a « une position stable sur la liste des 100 plus grandes banques russes (NDLR : sur 1.165 au total d’après Standard & Poor’s, dont 75 % disposent de moins de 10 millions de dollars de capitaux) ».
Quant à Barclays, elle estime que les relations et l’infrastructure d’Expobank créent « une plate-forme idéale pour devenir une des banques commerciales et de détail les plus importantes de Russie, qui est parmi les économies les plus prospères au monde (NDLR : avec une croissance de 8,1 % en 2007, contre 2,9 % en Grande-Bretagne) », selon Frits Seegers, qui dirige le pôle banque commercial et de détail. L’intégration d’Expobank devrait commencer cet été, l’opération devant avoir un effet bénéfique sur les résultats d’ici à 2011.
Comme de nombreux établissements financiers européens, Barclays souhaite augmenter son exposition aux marchés émergents « ayant de bonnes caractéristiques de croissance ». Société Générale (Rosbank), UniCredit (International Moscow Bank) ainsi que KBC (Absolut Bank) ont pris récemment le contrôle d’un acteur du marché russe, toujours largement dominé par la banque d’Etat Sberbank qui disposait d’une part de marché de 34 % en 2006, selon S&P. L’agence estime que 13 % des banques étaient contrôlées par un acteur étranger mi-2007, contre 6,6 % fin 2003. « Ce ratio devrait croître graduellement, mais ne devrait pas dépasser les 20 % dans les prochaines années et 40 % à moyen terme », prévoit S&P.
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