Barack Obama veut réduire le déficit de 4.000 milliards de dollars sur 12 ans
Hasard des calendriers, Barack Obama a présenté hier son plan de bataille pour redresser les finances de l’Etat américain, moins de deux jours après un appel pressant du FMI pour que les États-Unis s’attaquent sans délai à la réduction de leur dette publique. Dans son dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale, l’organisation internationale s’inquiétait en effet que les États-Unis et le Japon soient les seuls pays industrialisées qui n’aient pas encore mis en place une politique d’austérité pour réduire leurs déficits. Avec le risque, si des économies ne sont pas réalisées rapidement aux États-Unis, «de déstabiliser les marchés obligataires à l’échelle mondiale».
Toujours de crainte de bloquer la reprise par des mesures immédiates trop strictes, Barack Obama, officiellement candidat à une seconde investiture, a dessiné un projet d’assainissement des dépenses fédérales étalé sur 12 ans. Au final, 4.000 milliards de dollars d’économies sont attendues, avec la volonté de revenir à un déficit budgétaire de 2,5% du PIB en 2015 et de 2% avant la fin de la décennie. Pour l’année 2011, le déficit américain devrait dépasser 1.600 milliards de dollars, ce qui représenterait entre 10 et 11% du PIB.
Pour moitié, les économies seront réalisées grâce à des coupes dans le programme de santé des personnages âgées «Medicare» (480 milliards de dollars) et les budgets militaires (400 milliards) et avec un rabotage sur toutes les autres dépenses fédérales. «Nous devons utiliser un scalpel et non une machette pour réduire le déficit, car c’est ainsi que nous pouvons poursuivre des investissements qui créent des emplois» a justifié Barack Obama. Selon ce dernier, 1.000 milliards de dollars seront également économisés grâce à une baisse espérée de 1.000 milliards des paiements des intérêts de la dette. Enfin, une réforme de la fiscalité devrait générer 1.000 milliards de dollars de revenus supplémentaires.
L’augmentation des impôts devrait toucher en premier lieu les contribuables avec des revenus supérieurs à 250.000 dollars, ceux-là même qui profitaient jusqu’à présent de différents avantages fiscaux accordés par l’administration Bush. Une mesure qui a immédiatement provoquéla colère des Républicains, opposés à toute augmentation des impôts, et qui pour leur part, préconisaient des coupes beaucoup plus importantes dans les dépenses fédérales.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse