Barack Obama veut donner un coup de fouet au refinancement hypothécaire
Thème majeur de la bataille présidentielle qui s’amorce aux Etats-Unis, le logement prend à la gorge nombre d’Américains. Pour desserrer l'étau, Barack Obama a précisé hier les contours d’une mesure exposée lors de son discours sur l'état de l’Union. Le président américain veut faire en sorte que les prêts qui ne sont pas garantis par les agences fédérales (Fannie Mae et Freddie Mac) puissent être refinancés sous l'égide de l’administration fédérale du logement (FHA). Objectif : faire économiser en moyenne 3.000 dollars par an aux emprunteurs. 3,5 millions d’entre eux pourraient bénéficier de ce coup de pouce, un chiffre qui s’ajoute aux 11 millions entrant déjà dans le cadre de refinancement existant.
Les candidats à ces nouveaux prêts devront présenter un score de crédit égal ou supérieur à 580 et résider dans le logement qu’ils veulent financer. Les emprunteurs en situation de surhypothèque, c’est-à-dire devant rembourser un montant supérieur à la valeur de leur bien, pourront prétendre au dispositif sous certaines conditions. Ce dernier «n’est pas conçu pour ceux qui ont agi de manière irresponsable, mais il peut aider ceux qui ont agi de manière responsable», a martelé Barack Obama, lors d’un discours prononcé en Virginie.
Si le président américain a évoqué à de nombreuses reprises cette exigence de «responsabilité», c’est parce qu’il sait que la mesure va être ardemment combattue au Congrès. Son mode de financement fait déjà polémique. L’administration Obama pousse une taxe bancaire s’appliquant aux grands établissements pour un coût estimé entre 5 et 10 milliards de dollars. Il paraît toutefois loin d'être acquis qu’une telle taxe se fraie un chemin au Congrès, alors qu’elle a déjà été rejetée il y a deux ans. Or, la FHA ne peut pas se passer d’argent frais. Elle garantissait à fin septembre près de 1.100 milliards de prêts tout en ne disposant que d’un maigre coussin de 1,2 milliard de dollars pour des pertes imprévues.
Dans l’immédiat, Barack Obama entend mettre en œuvre des mesures ne nécessitant pas l’aval du Congrès, dont un programme pilote visant à céder par blocs à des investisseurs des biens saisis en contrepartie d’une mise en location. Un afflux de propositions qui tranche avec son concurrent le plus sérieux, Mitt Romney, lequel estimait l’an dernier qu’il fallait laisser le marché immobilier «suivre sa course et toucher le fond».
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