Barack Obama renvoie à son successeur l’épineux dossier de la rigueur fiscale
La prolongation jusqu'à fin 2012 des réductions d’impôt de l’ère Bush va creuser le déficit américain à des niveaux bien supérieurs à ceux de l’Europe
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Benoît Menou
Discours de Barack Obama sur les impôts le 6 décembre 2010, photo: Roger L. Wollenberg/Pool via Bloomberg
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Barack Obama n’a pas les problèmes de l’Irlande. Le compromis noué avec les chefs de file républicains par le président des Etats-Unis concernant la prorogation des baisses d’impôts consenties par son prédécesseur ou de mesures du plan de relance voté sous l’administration en place ont même soutenu le marché actions. Un accord attendu et conclu in extremis, ces abattements prenant fin au 31 décembre prochain, date à laquelle les démocrates perdront effectivement la majorité à la Chambre des Représentants. Les dispositifs mis en place en 2001 et 2003 sont prolongés pendant deux années. Une réduction de 2 points, à 4,2%, de la payroll tax, qui finance la Sécurité sociale, est également prévue pour 2011.
Les mesures du compromis ont de bonnes chances d’être votées, pourquoi pas d’ici la semaine prochaine, car elles permettent à l’ensemble des parties de sortir la tête haute de la bataille, selon Inna Mufteeva chez Natixis. L’économiste souligne la prolongation pour 12 mois des allocations aux chômeurs de longue durée. Barack Obama a surtout cédé quant à l’imposition des ménages aisés, alors qu’il souhaitait initialement réserver les abattements aux foyers gagnant moins de 250.000 dollars par an.
Natixis évalue le coût total des mesures évoquées par le président Obama sur le budget fédéral, entre pertes de recettes et hausses des dépenses, à environ 450 milliards de dollars l’an prochain. Dont environ 170 milliards directement liés à la prorogation des abattements fiscaux instaurés sous la présidence de George Bush.
Pour les économistes de BNP Paribas, le chiffrage est supérieur. Si la prolongation sur 2011 des abattements Bush était anticipée, la surprise vient de leur extension en 2012. Au total, sur les deux ans, leur coût se monterait à 800 milliards, auxquels il faudrait ajouter 200 milliards liés aux autres mesures fiscales. «Dans nos projections, le déficit 2011 se dégraderait de 8,5% à 9,5% du PIB, et pour 2012, passerait de 6,9% à un beaucoup plus effrayant 9,8%», notent-ils. Des niveaux bien supérieurs à ceux de l’Europe... Mais la banque en attend un surplus de croissance de 0,3 point l’an prochain et 0,2 point en 2012.
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