Banquiers et assureurs se réunissent à Paris pour étudier le plan grec
Les débats se poursuivent autour des modalités d’une participation du secteur privé à un second plan de soutien à la Grèce. Alors que les ministres des Finances européens doivent discuter du sujet en début de semaine prochaine, les créanciers privés vont les devancer dès aujourd’hui à l’occasion d’une réunion à Paris. Sous la houlette de l’Institute of International Finance (IIF), le principal lobby du secteur, ils vont passer en revue les différentes options à l'étude, dont celles contenues dans le cadre élaboré par Paris.
Selon l’option centrale duprojet français, les porteurs d’obligations grecques pourraientréinvestirla moitié des obligations arrivant à échéance dans de nouveaux titres à 30 ans, à des taux équivalents à ceux des prêts de soutien européens, soit 5,5%, assortis d’une prime indexée sur la croissance économique du pays.
Le Financial Times évoque même un assouplissement des conditions du taux de reconduction des obligations souveraines à 5,76%. Le coupon serait flottant en fonction de l’Euribor 3 mois (à 1,56%) assorti d’une marge de 1,7%, auquel s’ajouterait une prime limitée à 2,5% qui ne dépendrait plus de la croissance grecque mais de l’inflation.
L’agence de notation Standard & Poor’s a tiré un coup de semonce lundi, en avertissant que les solutions proposées par Parisconduiraient vraisemblablement à placer Athènes en situation de défaut sélectif. Une situation qui n’entraînerait pas de facto un dénouement des CDS puisqu’il reviendrait au Comité de détermination de l’Isda de se prononcer. Selon Federico Ghizzoni, le patron d’UniCredit, un tel événement serait acceptable pour les banques à condition que cela ne les force pas à passer des dépréciations. «Avoir un défaut qui entraîne des dépréciations n’est pas une condition qui puisse être acceptée, car cela est trop lourd», a-t-il estimé hier à Rome.
Le dirigeant a encore invité les régulateurs, les agences de notation et les sociétés d’audit à se rencontrer afin d'étudier les implications d’une reconduction de la dette grecque et d’un défaut. Selon une source européenne, la sortie de S&Pconstitue un «message pour dire qu’il faut retravailler le plan, et non pas l’abandonner». La position de la BCE, vigilante sur la qualité du papier qu’elle accepte comme collatéral pour ses fournitures de liquidités, sera également suivie avec attention lors de la conférence de Jean-Claude Trichet prévue demain.
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