Banquiers et assureurs contribuent à la professionnalisation des services à la personne
Dans le sillage du plan Borloo, le secteur des services à la personne a été mis sur le devant de la scène. « Il attire les convoitises des grands acteurs institutionnels français », relèvent à l’occasion d’une conférence de presse les professionnels de Xerfi, citant notamment les banquiers et les assureurs. Selon Thomas Roux, expert sectoriel au sein du cabinet d’études, « l’une des révolutions (de ce plan) a été la pénétration en masse des groupes bancaires et d’assurance », qui jouent un rôle d’intermédiaire entre offre et demande et contribuent de fait à la professionnalisation du secteur.
« Ces acteurs ont pour mission de participer à la structuration du marché. Ce ne sont en aucun cas des prestataires de services », explique le cabinet d’études. Selon ce dernier, si, chez les assureurs, la présence dans les services à la personne s’apparente à de l’intégration, leur permettant de contrôler un maillon supplémentaire de leur filière, la stratégie des banques répond plus à une logique de diversification.
En dépit d’un environnement favorable (facteurs sociaux et démographiques, incitations sociales et fiscales), l’envol annoncé des services à la personne se révèle toutefois freiné par de nombreux obstacles. « Le plan gouvernemental de développement des services à la personne va provoquer une révolution équivalente à celle du téléphone portable », déclarait en février 2006 Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Emploi. Deux ans ont passé et le bilan est beaucoup plus tempéré. « Cette révolution est loin de s’être produite. Cette annonce a été plus mobilisatrice que réaliste. Le secteur a toujours du mal à se structurer »,explique Thomas Roux.
Car de nombreux freins existent. Alors que le marché déclaré représente 12 milliards d’euros en France, le « marché noir » s’élève à 48 milliards. S’ajoutent à cela des obstacles structurels tels que la mauvaise image et le manque d’attractivité de ces métiers, l’insuffisance de formation, les difficultés à créer une main d’œuvre compétente et motivée.
La secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité, Valérie Létard, présentait d’ailleurs hier un « plan des métiers de la dépendance », qui vise à mettre l’accent sur la formation des personnes engagées dans ces filières, imaginer de nouvelles formations, créer des passerelles entre les métiers et valoriser la profession.
Plus d'articles du même thème
-
La Bourse de Jakarta chute à un plus bas de cinq ans
Le marché actions indonésien a accentué sa chute mercredi après des mauvaises statistiques économiques. Il affiche la pire performance boursière cette année, alors que le sentiment des investisseurs s’est dégradé ces derniers mois, notamment en raison de l’interventionnisme du président Prabowo Subianto. La devise est au plus bas. -
Google augmente de 5 milliards de dollars la taille de sa levée de fonds
Le géant américain a dévoilé les détails de ses multiples augmentations de capital qui pourraient approcher 90 milliards de dollars si les options de surallocation sont entièrement exercées. Trois banques françaises participent à l’opération. -
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février. -
Les acteurs crypto se lancent dans la création de blockchains
Coinbase veut faire de Base, sa blockchain déployée il y a deux ans, l'infrastructure technologique de référence pour les institutions financières. Suivant la tendance, Robinhood a lancé la version test de Robinhood Chain en février. -
En matière de cybersécurité, la dépendance aux tiers expose la finance européenne
Un an après la mise en application du règlement européen Dora relatif à la résilience des infrastructures cyber des établissements financiers de l’UE, les autorités de surveillance tirent un premier bilan. Un tiers des incidents cyber majeurs des établissements financiers est le fait d’une défaillance d’un tiers et est de plus en plus transfrontalier. -
Cap sur le taux fixe pour les placements à long terme du trésorier
Retrouvez ici la chronique mensuelle de Pandat Finance autour des placements du trésorier d'entreprise.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
Contenu de nos partenaires
-
Clash« Laissons ces méthodes brutales à Mélenchon et Le Pen » : chez LR, Retailleau et Copé au bord de la rupture
Le feu qui couve depuis des mois au sein de la maison LR, divisée, menace de se propager, alors que Bruno Retailleau agite la menace d'une exclusion contre le maire de Meaux -
FaillesL’affaire Lyhanna révélatrice de dysfonctionnements majeurs dans la justice
Le nom du suspect apparaît dans trois dossiers antérieurs à la disparition de la collégienne, dont deux classés sans suite -
EditorialFrançais, appauvrissez-vous par la fiscalité et la stagnation !
Puisqu'il existe un seuil de pauvreté, l'Observatoire des inégalités réfléchit ainsi à son pendant, un seuil de richesse. Pour une personne seule, il le fixe à 4 300 euros par mois. Est-ce trop ? Pas assez ?