Bank of America serait parée à se porter à la rescousse de Countrywide
La banque mènerait des discussions avancées en vue du rachat du numéro un américain du crédit immobilier en difficultés
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Benoît Menou
De sources concordantes, Bank of America mène des discussions à un stade avancé en vue du rachat du numéro un américain du crédit immobilier Countrywide Financial. C’est le Wall Street Journal qui le premier a dévoilé l’information hier soir. Les intéressés se sont pour l’heure refusés à tout commentaire.
« Du point de vue de Countrywide, il s’agit là de sa meilleure chance pour se tirer d’affaire », a commenté pour Reuters Sean Egan, patron d’une agence de notation indépendante. « Et dans deux ans environ, lorsque les turbulences actuelles se seront apaisées, Bank of America jouira d’une position formidable dans le secteur du crédit immobilier ».
A Wall Street, l’action Countrywide, fortement malmenée au cours des deux séances précédentes sur des rumeurs de faillite, a bondi de 51,37% à 7,75 dollars en réaction à ces informations. Le titre reste toutefois très en-deçà de son plus haut historique, établi le 2 février à 45,19 dollars. L’action Bank of America s’est elle adjugée 1,45% à 39,30 dollars sur la séance. A son cours de clôture de jeudi, la valorisation de Countrywide s'établit à 4,8 milliards de dollars environ, contre 26 milliards de dollars environ en février dernier.
L’opération, si elle se confirmait, compléterait le tableau de chasse déjà bien rempli de Kenneth Lewis, directeur général de Bank of America, qui a dépensé plus de 100 milliards de dollars en acquisitions au cours des quatre dernières années. La banque a notamment racheté LaSalle au néerlandais ABN Amro en octobre pour 21 milliards de dollars, mais a également acquis l'émetteur de cartes de crédit MBNA, le groupe de gestion d’actifs US Trust, ainsi que FleetBoston Financial.
Le 22 août, Bank of America avait injecté deux milliards de dollars (1,35 milliard d’euros) dans Countrywide, en rachetant des actions préférentielles non assorties de droits de vote, correspondant au sixième environ du capital de Countrywide. Elle s'était alors clairement positionnée, aux yeux des observateurs, comme un repreneur potentiel.
Countrywide, resté indépendant depuis sa création en 1969, s'était illustré l'été dernier, en pleine crise du crédit hypothécaire à risque lorsqu’il s'était retrouvé contraint de tirer sur la totalité d’une facilité de crédit de 11,5 milliards de dollars pour accroître sa liquidité. Le groupe avait ensuite fait état d’une perte de 1,2 milliard de dollars sur son troisième trimestre, entraînant notamment la suppression de 11.000 emplois depuis fin juillet.
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