Bâle 3 devrait à long terme favoriser la titrisation
Selon SG CIB, les nouvelles règles sur le capital pourraient accroître la pression sur les banques les plus faibles et les amener à titriser
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Tân Le Quang
Alors qu’elle laisse du temps aux banques pour se conformer aux nouvelles exigences prudentielles, la réglementation flambant neuve annoncée par le Comité de Bâle ne devrait pas avoir d’impact sur la titrisation, du moins à court terme. Pour UniCredit, «il n’y a pas d’impact direct immédiat pour la titrisation à attendre. Les spreads sur le marché secondaire se tiennent désormais à des niveaux satisfaisants et le marché primaire a remarquablement repris à la rentrée».
Et pour cause. Selon la banque, des contraintes en cours d'étude sur les re-titrisations et les «conduits» (structures déconsolidées) devront être mises en place d’ici fin 2010. Et le Comité de Bâle qui a renforcé la définition du capital, prévoit d’instaurer des exigences de capitaux plus élevées pour la titrisation d’ici fin 2011. Alors que des amendements et de nouvelles restrictions pour l’activité d’origination sont encore possibles, UniCredit note que le Comité a évalué des mesures visant à réduire la dépendance aux notations externes dont celle de réaliser sa propre évaluation des titrisations notées en externe.
«A long terme, le renforcement du capital des banques, qui découlera des nouvelles règles et des ajustements à venir, sera probablement positif pour la valorisation des dettes bancaires seniors et par extension, aux tranches seniors de titrisations qui ont tendance à suivre leur évolution», estime SG CIB. Compte tenu du renforcement de contraintes de liquidité, impliquant un coût additionnel pour les lignes de liquidité, la banque estime que cette nouvelle réglementation «devrait accroître la pression sur les banques les plus faibles» et favoriser la titrisation qui «est l’une des manières les plus sophistiquées de piloter les exigences réglementaires des banques».
Les détails de Bâle 3 surviennent dans un contexte de retour de la compétition entre les covered bonds, dont les émissions se sont multipliées ces derniers jours, et les titrisations de qualité de crédit élevée, dont l’activité primaire paraît se reprendre. «Les actifs éligibles aux programmes de covered bonds sont les actifs qui exigent le moins de capital car ils sont identifiés comme les moins risqués. Du coup, les actifs exotiques et non éligibles seront ceux qui seront titrisés tandis que ceux éligibles resteront financés à partir de programmes d’obligations sécurisées», conclut SG CIB.
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