Aviva Investors lorgne les portefeuilles bancaires de dette d’infrastructures
La dette d’infrastructure a le vent en poupe chez les assureurs. Après Axa, Allianz ou CNP Assurances, qui ont tous annoncé des initiatives dans ce domaine ces dernières semaines, Aviva a bouclé vendredi un fonds de 425 millions d’euros. Mais si la filiale de gestion de l’assureur britannique ne s’interdit pas de financer de nouveaux projets, elle lorgne avant tout le marché secondaire et les portefeuilles de prêts dont les banques voudraient se délester pour réduire la taille et la maturité de leurs bilans.
«Le marché secondaire nous permet d’investir plus rapidement, compte tenu du temps que mettent les nouveaux projets à se monter sur le marché primaire aujourd’hui, et dans des actifs dont la période de construction est déjà bien avancée ou achevée», fait valoir Laurence Monnier, gérante de portefeuille infrastructures chez Aviva Investors.
Le marché secondaire reste cependant assez opaque et moins liquide, par exemple, que celui des prêts LBO (loans). «Nous menons des discussions bilatérales avec des banques qui souhaitent faire tourner leurs portefeuilles afin de pouvoir servir de nouveaux clients ou accompagner des clients existants sur de nouveaux projets», indique Laurence Monnier.
Le fonds cible des actifs européens, notamment en Europe du Nord, au Benelux et en Allemagne. Il se laisse deux à trois ans pour être investi en totalité. Il a été structuré sous la forme d’un véhicule de titrisation de droit luxembourgeois, se finançant avec des titres participatifs. Ceux-ci ont déjà été émis, mais seront libérés au fur à et à mesure des investissements réalisés. Leur maturité oscillera entre 7 et 12 ans. Outre Aviva France, deux autres investisseurs institutionnels qui ont requis l’anonymat ont souscrit à cette émission initiale de 425 millions d’euros. Aviva Investors espère dans un second temps procéder à un deuxième closing.
L’équipe infrastructure de la société de gestion a planché sur ce fonds de dette secondaire pendant environ un an, à la suite d’une opération réalisée l’an dernier sous forme de mandat. Elle gère déjà 700 à 800 millions d’euros d’actifs. A l’échelle du groupe, le portefeuille infrastructures atteint plusieurs milliards, avec notamment un fonds énergies renouvelables en Europe et un fonds ciblé sur la Grande-Bretagne.
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