Pour que les opérations de financement ciblé à long terme que la BCE inaugurera cet automne (TLTROs) aient un effet positif sur l’économie réelle, il faut déjà qu’elles soient prisées par les banques. Le seront-elles?
Les deux premières TLTROs de septembre et décembre prochains, de volume limité (398 milliards d’euros) et associées à un stock de crédit existant, n’auront qu’un effet diffus sur l’économie. Il est plus important de s’interroger sur les deux suivantes, celles de mars et de juin prochains, dont les conditions d’éligibilité requièrent un redressement du flux net de crédit distribué aux entreprises et aux ménages hors habitat. Si ces deux opérations venaient à favoriser une production plus importante de crédit, elles auraient un effet direct sur la croissance économique.
Au titre des avantages, les banques pourront financer à très bon marché des crédits qui leur permettront d’augmenter leur revenu, mais aussi des opérations de portage, en demandant jusqu’à trois fois les volumes prêtés. Ensuite, la clause d’éligibilité définie par la BCE n’est pas très restrictive. Une simple diminution du flux net négatif devrait autoriser les banques à bénéficier des deux dernières TLTROs. Enfin, les banques auront une visibilité à quatre ans sur leur financement et seront protégées de possibles hausses de taux directeurs jusqu’en septembre 2018.
Au titre des inconvénients, on peut déplorer le réel avantage en termes de taux, puisqu’il semble assez clair aujourd’hui que la BCE n’augmentera pas les taux directeurs avant deux ans. Certaines banques qui doivent encore améliorer leur ratio de capital pourraient ne pas vouloir augmenter leur portefeuille de crédit. Enfin, une offre de crédit alléchante ne se traduit pas automatiquement en demande et des banques, même volontaires, pourraient ne pas réussir à augmenter le flux net.
L’effet de réputation des TLTROs revêt enfin une dimension particulière. Il pourrait y avoir un stigma à ne pas aller aux TLTROs, si la BCE se décide à dire quelles banques ont octroyé des crédits supplémentaires à l’économie.
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