Augmentation de capital d’urgence pour la Société Générale
Victime d’une fraude d’un de ses traders actions, génératrice d’une perte de 4,9 milliards d’euros, la Société Générale a décidé de procéder à une augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros, garantie par Morgan Stanley et JP Morgan, de façon à rétablir son ratio de fonds propres Tier 1.
La crise sur les marchés de crédit la contraint par ailleurs à passer 2,05 milliards de dépréciations supplémentaires résultant des risques sur l’immobilier américain et des risques de contrepartie liés aux assureurs «monoline», ainsi que le marché l’avait largement pressenti ces derniers jours. La banque française n’en devrait pas moins annoncer un résultat net part du groupe positif, compris entre 600 et 800 millions d’euros pour 2007.
Alors que la banque s’apprêtait à communiquer lundi matin sur ses risques liés à la crise des crédits, la fraude du trader, qui durait depuis 2007, aurait été détectée samedi 19 janvier par les systèmes de contrôle de la banque. «Extrêmement sophistiquée», selon les propos d’un porte-parole, elle serait le fait d’un «trader, en charge de la couverture des futures «plain vanilla» sur des indices boursiers européens, a pris des positions directionnelles frauduleuses courant 2007 et début 2008, allant bien au-delà des positions qui lui avaient été attribuées». «Il était en position sur les indices européens pour plusieurs dizaines de milliards d’euros», précise-t-on au sein de la banque. « Sa connaissance approfondie des procédures de contrôle, acquises lors de ses précédentes fonctions au sein du middle-office du groupe, lui a permis de dissimuler ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives ».
Sitôt la fraude détectée, les autorités de régulation (Commission bancaire au sein de la Banque de France, Autorité des marchés financiers, Trésor…) ont été alertées et un conseil d’administration convoqué pour dimanche. En accord avec les autorités de régulation, décision a été prise de ne pas communiquer avant liquidation des positions qui ont pris trois jours, lundi, mardi et mercredi, laissant, en raison du mauvais état des marchés, un solde net négatif de 4,9 milliards d’euros.
«Le groupe n’a aujourd’hui plus d’exposition résiduelle liées à ces positions», ajoute le groupe. «Une analyse détaillée de toutes les positions au sein de son département a confirmé la nature isolée et exceptionnelle de cette fraude», selon la banque. Bien entendu, le trader, qui a reconnu les faits, a été licencié de même que ceux chargés de sa supervision. «Les mesures prises ont permis d’assainir complètement le bilan de la banque», assure un porte-parole.
Société Générale, qui a tenu un second conseil d’administration hier pour tirer les conclusions capitalistiques des pertes encourues, précise qu’elle compte tout de même proposer un dividende en ligne avec son objectif de taux de redistribution de 45% de son bénéfice net pour l’année 2007. Le conseil a par ailleurs refusé la démission du PDG Daniel Bouton
Pour lire l’intégralité du communiqué de la Société Générale, cliquez ici :
http://www.sp.socgen.com/sdp/sdp.nsf/V3ID/8BCDD35421254BD2C12573DA002690CA/$file/08004.pdf
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