Attention à une correction des marchés actions à court terme
Toujours plus haut. Comme prévu, le mélange de discours rassurants de la part des autorités monétaires (en particulier de la Fed) et des résultats meilleurs qu’attendus outre-Atlantique ont permis aux marchés actions de poursuivre une hausse en tous points impressionnants. Toutes les bonnes choses ont toutefois une fin, y compris pour les investisseurs: les mouvements ne se faisant jamais en ligne droite, il devient de plus en plus probable que les marchés actions européens comme américains connaissent une consolidation à court terme d’au moins 5%, selon les normes historiques.
D’une part, les investisseurs affichent un optimisme sans doute excessif, qui se traduit par un appétit pour le risque (mesuré par le couple performance-volatilité des actifs financiers) atteignant des niveaux démesurés. Dans cette veine, la sensibilité de plus en plus faible des marchés actions aux bonnes surprises est le signe que toute déception sera susceptible de faire corriger avec force les Bourses occidentales. D’autre part, nos indicateurs statistiques ne laissent que peu de place au doute: que ce soit en durée ou en intensité, la phase de hausse de +22,1% de l’EuroStoxx au cours des 106 derniers jours sort des normes historiques, y compris dans un environnement de bull market pour lequel la hausse moyenne atteint historiquement +20,4% et dure 71 jours, avant de connaître une consolidation d’au moins 5%.
Autre indicateur synonyme de surchauffe à court terme, la quasi-totalité des secteurs composant l’EuroStoxx affiche une performance positive sur un mois: cette généralisation de la hausse à tous les secteurs sans discrimination milite là aussi pour un retournement à court terme, d’autant que les nouvelles sur le front de la microéconomie, en soutien au cours des dernières semaines, se tarissent désormais.
Aux Etats-Unis, la donne est relativement similaire: la phase de hausse récente (+14,3% pour le S&P 500 depuis le 24 juin dernier) atteint des niveaux qui, statistiquement, militent là encore pour une respiration d’au moins 5% à court terme (voir le graphique), ceci étant renforcé par des niveaux de valorisation qui font resurgir un mot oublié depuis quelques années, du moins pour les actions: celui de bulle. Dans ces conditions, il convient de rester prudent vis-à-vis des actions à court terme, quel que soit le côté de l’Atlantique.
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