Atos fait face à des choix stratégiques majeurs en 2008
Le plan de transformation n’a pas remporté tous les suffrages. Pardus et Centaurus devraient notamment maintenir la pression en vue d’une alliance
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Yves-Marc Le Réour
Maintien de l’indépendance ou non ? C’est la question essentielle à laquelle Atos Origin fait toujours face à l’heure actuelle, cent jours après l’arrivée à sa tête de Philippe Germond. Au cours du dernier trimestre 2007, le groupe a poursuivi la mise en œuvre de son plan de transformation (baptisé «plan 303») prévoyant notamment le doublement de sa marge opérationnelle à 8 % entre 2006 et 2009. Le nouveau président du directoire a confirmé les objectifs pour 2007 d’une croissance organique du chiffre d’affaires de 4 % et d’une rentabilité opérationnelle d’environ 5 %, ainsi que le paiement probable d’un dividende « modeste » en 2008. La cession annoncée à la mi-décembre de ses activités italiennes déficitaires et de sa participation de 50 % dans la joint-venture avec Euronext « sera globalement légèrement relutive sur le bénéfice par action en 2008 » selon le groupe qui bénéficiera par ailleurs au bilan d’une baisse de ses engagements sur le financement des retraites au Royaume-Uni.
Ce plan de transformation n’a toutefois pas jusqu’ici paru convaincre l’ensemble du marché, eu égard à la montée en puissance des SSII indiennes et à la réplique agressive des sociétés américaines pour faire face à cette redoutable concurrence. Atos Origin entend en effet faire passer ses effectifs en Inde de 2.100 personnes à 6.000 personnes en 2009, son programme d’externalisation (offshoring) concernant au total 8.000 salariés contre 2.700 à fin septembre dernier. A cette même échéance IBM ou Accenture projettent d’avoir près de 100.000 personnes en Inde. Certains craignent dès lors que la SSII française soit écartée de contrats avec de gros donneurs d’ordre par manque de taille critique. Et les pressions sont grandes.
Le fonds d’investissement américain Pardus, qui détient depuis début octobre, de concert avec son homologue britannique Centaurus, 20 % du capital d’Atos, souhaiterait apparemment des changements plus profonds. Contacté par L’Agefi, il n’a pas voulu faire de commentaires, se bornant à qualifier le plan 303 de « simple amélioration du profil financier de l’entreprise ». Mais après avoir demandé une présence au conseil de surveillance refusée jusqu’ici, les deux fonds ne devraient pas manquer de revenir à la charge au mois de mai, date de la prochaine assemblée générale, pour essayer de faire prévaloir leur point de vue sur la nécessité grandissante d’une alliance.
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