Athènes voit sa trajectoire budgétaire se compliquer encore
Athènes a bien été la lanterne rouge de l’Union européenne (UE) l’année dernière. Eurostat a levé hier sa réserve émis fin avril sur la véracité des informations fournies par la Grèce. Cette décision s’est traduite par une mise à jour drastique par l’institut des statistiques du déficit budgétaire en 2009 de l’économie hellénique de 13,6% estimé ce printemps à 15,4% du PIB. C’est pire que l’Irlande qui se voit attribuer un déficit de 14,4% sur la même année.
Parmi les principales raisons de ce relèvement, Eurostat a découvert que la Grèce était rentré dans un nombre important de petits contrats de «swaps hors marché» à court terme avec Goldman Sachs de 2001 à 2007, et qui ont eu un impact de 5,33 milliards d’euros sur sa dette sur la période, soit 2,26 points de pourcentage (pp) du PIB. Mais le plus gros de l’ajustement est venu de la reclassification d’entreprises publiques pour les intégrer au secteur du gouvernement central, avec un effet de 7,75 pp du PIB.
Au bout du compte, le ratio dette sur PIB a été publié à 126,8 % bien au-delà des 116% de l’Italie. Les révisions des données grecques compromettent clairement le respect de la trajectoire budgétaire que le pays s’est fixée dans le gigantesque plan d’urgence de l’UE et du Fonds monétaire international mis en place au printemps. Suite aux chiffres d’Eurostat, le gouvernement grec prévoit un déficit de 9,4% du PIB et un ratio de dette de 114 % en 2010.
«Ces chiffres sont à comparer aux objectifs du programme de la Commission européenne et du FMI d’un déficit de 8,1% du PIB et d’une dette de 133 % du PIB, note David Mackie, économiste chez JPMorgan. Il y a encore un mois, lors de la présentation du budget pour 2011 le gouvernement tablait un déficit en dessous de cet objectif à 7,8% du PIB ».
Avant la publication d’Eurosat, Barclays estimait que les mesures de resserrement budgétaire en 2011 représenteraient 4 points du PIB. Mais la Grèce devra probablement annoncer de nouvelles mesures. Surtout, «dans la mesure où de nombreux intervenants de marché ont déjà conclu que la Grèce ne pourra retrouver un niveau d’endettement soutenable sans une restructuration de sa dette, les chiffres du jour ne peuvent que renforcer cette perception», estime David Mackie. La courbe grecque, assez peu sensible à cette nouvelle hier, présente d’ailleurs une forme caractéristique, avec une bosse à 3 ans, son financement n'étant plus garanti à partir de mi-2013.
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