Athènes refusera une nouvelle aide assortie de conditions supplémentaires

Le montant du soutien apporté par les créanciers du pays serait d’environ 10 milliards d’euros, estime le ministre grec des Finances
Yves-Marc Le Réour

La Grèce ne veut pas d’une nouvelle aide financière assortie de conditions supplémentaires. C’est le message adressé par le ministre des Finances, Yannis Stournaras, dans un entretien publié hier par le quotidien Proto Thema. «Si la Grèce a besoin d’un soutien supplémentaire, il sera d’environ 10 milliards d’euros», a indiqué celui-ci, en ajoutant qu’il ne s’agirait pas «d’un nouveau renflouement», mais d’un «plan de soutien économique sans nouvelles conditions» en matière d’austérité. «Nos obligations ont été fixées jusqu’en 2016 et on ne peut pas nous imposer de nouvelles mesures ou de nouveaux objectifs», a martelé Yannis Stournaras.

Le montant indiqué est cohérent avec celui évoqué samedi par le commissaire européen à l’énergie, l’Allemand Günther Oettinger, qui tablait sur «un peu plus» de 10 milliards d’euros. Cette somme s’ajouterait aux 240 milliards déjà engagés depuis 2010 par l’Union européenne, la BCE et le FMI pour renflouer la Grèce et lui éviter un défaut sur sa dette. Le sujet est particulièrement sensible outre-Rhin, à moins d’un mois des élections législatives qui verront la chancelière Angela Merkel briguer un troisième mandat.

Selon Yannis Stournaras, aucune discussion n’est engagée sur une éventuelle décote sur la dette grecque. Il juge que l’un des enjeux des prochains mois sera la capacité d’Athènes à dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) sur l’ensemble de 2013. Cherchant à rassurer les partenaires financiers d’Athènes, il estime que le pays sera en mesure de respecter dès 2014 les conditions préalables à son retour sur les marché financiers, à savoir un excédent primaire et deux trimestres d’affilée de progression de l’activité. Le porte-parole du gouvernement grec, Simos Kedikoglou, a ajouté durant le week-end que le pays honorerait les engagements nécessaires à l’atteinte d’un surplus budgétaire, les dernières estimations laissant présager «un besoin de financement sur la période 2014-2017 plus faible que prévu».

Le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a pour sa part jugé vraisemblable une nouvelle aide des créanciers à la Grèce, qui pourrait passer par une réduction des taux des prêts qui lui ont déjà été accordés. Doutant de l’intérêt d’un autre renflouement, il a en revanche jugé «très probable» une restructuration de dette «sous une forme ou sous une autre».

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