Athènes priée d’améliorer l’échange de ses obligations
L’offre d’Athènes aux créanciers privés reste à finaliser «dans les tous prochains jours», a dit hier soir Jean-Claude Juncker au sortir d’une réunion de l’Eurogroupe, qu’il préside, consacrée essentiellement à la Grèce et aux deux traités en préparation. Il a évoqué une «convergence accrue» entre parties prenantes à cette négociation qui porte sur un échange d’obligations pour plus de 100 milliards d’euros. Mais le coupon des nouvelles obligations devrait être «en dessous de 3,5%», selon lui, ce qui est nettement inférieur au niveau auquel s’étaient stabilisées les négociations à Athènes.
«C’est une négociation très dure où pour ne serait-ce que 0,1% il y a beaucoup d’argent en jeu», expliquait hier une source européenne. La troïka actuellement à Athènes doit produire une analyse révisée de la soutenabilité de la dette grecque en vue de «faciliter la finalisation du PSI», la participation des investisseurs privés au deuxième plan d’aide à la Grèce, pour 130 milliards d’euros, actuellement en négociation. Le PSI doit permettre de ramener la dette grecque à 120% du PIB en 2020.
L’autre sujet contentieux : le relèvement du plafond de 500 milliards des instruments de soutien européen «n’a pas été évoqué précisément», a dit cette nuit le ministre de l’économie François Baroin. «C’est une position que la France soutient», a-t-il cependant ajouté en référence aux demandes réitérées du FMI de cumuler les moyens de l’actuel Fonds européen de stabilité et du futur Mécanisme européen qui verra le jour en juillet 2011.
Lundi prochain à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement devraient tout de même signer le traité sur le mécanisme européen dont le texte a été finalisé hier soir par les ministres. En revanche, les progrès sur le traité intergouvernemental sont ténus. Même si la réserve finlandaise sur la règle de majorité a pu être écartée, il ne devrait pas être signé avant mars, a indiqué Jean-Claude Juncker.
François Baroin briefera aujourd’hui ses partenaires européens au sujet des projets hexagonaux de taxation des transactions financières. Il a confirmé l’intention française d’agir sans attendre l’entrée en vigueur d’un texte européen proposé en 2011 par la Commission, «de façon à démontrer la faisabilité technique» de la taxe. Il a évoqué «un schéma comparable» à la «stamp duty» britannique. «Cela ne préjuge pas des négociations européennes» à venir, a-t-il ajouté.
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