Athènes laisse un délai de réflexion à certains créanciers

Les porteurs des obligations émises sous droit étranger auront jusqu’au 23 mars pour se déclarer, ce qui n’empêche pas le succès de l’offre d'échange
Alexandre Garabedian

Succès avéré, le PSI (private sector involvement) grec n’est pas encore achevé. Les détenteurs privés des 177 milliards d’euros d’emprunts d’Etat émis en droit grec ont accepté, à 85,8%, l’offre d’échange d’Athènes, un taux porté à 100% après l’exercice des clauses d’action collective (CAC) qui forceront les récalcitrants à échanger leurs titres. En revanche, la Grèce a prolongé jusqu’au 23 mars au soir sa proposition pour les porteurs de dette émise en droit étranger.

Dans cette deuxième catégorie, des créanciers détenant 20 milliards d’euros, soit 69% du total visé, ont participé au PSI. Les obligations de droit étranger recouvrent plusieurs catégories de titres, dont une ligne en franc suisse et des emprunts d’entreprises de transport garantis par l’Etat. Or, à la différence des titres de droit grec où une CAC a été ajoutée rétroactivement, les clauses d’action collective attachées à ces titres, prévues dès la documentation d’origine, sont propres à chaque ligne et ne peuvent être activées en bloc. Du 27 au 29 mars, les porteurs de chaque souche devront donc se réunir, avec des quorums de 66% ou 75% en général, pour voter ou pas l’exercice des clauses.

«Les intérêts des porteurs d’obligations de l’Etat hellénique de droit étranger divergent suivant qu’ils ont ou non acheté de la protection sur le marché des CDS», indique la recherche crédit d’Aurel BGC, les seconds ayant plutôt intérêt à attendre le règlement des contrats. Les nouveaux emprunts émis dans le cadre du PSI seront livrés le 11 avril aux porteurs de titres émis en droit étranger, et aujourd’hui pour les autres. Ces obligations traitaient vendredi à des niveaux faisant ressortir des rendements de 19% à 20%.

Ce petit délai sera sans conséquence, Athènes ayant déjà sécurisé un taux d’acceptation de 95,7% sur l’ensemble des 206 milliards d’euros visés par le PSI. Vendredi, Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, a donc pu considérer que «les conditions nécessaires sont en place pour lancer les procédures nationales requises afin de donner le feu vert final à la contribution de la zone euro» au deuxième plan d’aide de 130 milliards d’euros. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pourra notamment verser aux investisseurs ses titres d'échéance 2013 et 2014 qui constituent, à hauteur de 15%, la partie la plus sûre de l’offre d'échange.

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