Après Bankia, l’Espagne règle ses comptes

Le gouverneur de la Banque d’Espagne vient de remettre sa démission au chef du gouvernement. Il quittera son poste plus tôt que prévu
Isabelle Birambaux, à Madrid

A la suite de la nationalisation de Bankia, les parlementaires espagnols se demandent s’ils doivent convoquer devant la Chambre basse, Miguel Angel Fernandez Ordonez, l’homme qui a dirigé la banque centrale espagnole depuis plus de six ans. Très controversé, ce brillant économiste, militant du parti socialiste, qui a occupé des postes clés sous les gouvernements socialistes, aimerait se défendre au Parlement.

Mais les conservateurs estiment que la comparution serait «contre-productive» et ne servirait qu’à alimenter la «confrontation politique», estime Alfonso Alonso, le porte-parole parlementaire du Partido Popular (PP). En revanche, le PP souhaite que le directeur du Fonds de restructuration bancaire (Frob), Javier Aritzegui, puisse être entendu le 7 juin prochain.

«Il y a une campagne de diffamation énorme. J’aimerais bien donner ma version pour que le citoyen puisse juger (...)», déclarait Miguel Angel Fernandez Ordonez devant la Commission budgétaire du Sénat, tout en ajoutant: «Je pourrais tout dire sur Bankia mais ca serait irresponsable». Hier encore, le Parlement espagnol se demandait qui devait donner des explications et si l’audition devait se tenir à huis clos ou publiquement.

Selon Javier Santoma, professeur à l’Institut d’Etudes Supérieures de Commerce, il s’agirait de savoir si «la Banque d’Espagne a gardé pour elle des informations qu’elle connaissait sur certains établissements». Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières s’étonne des pressions subies pour forcer le mouvement des fusion des caisses d’épargne et les réduire de 45 à 15. Le gouverneur «aurait dû s’opposer à des fusions comme Bankia, qui n’avaient aucune raison d’être», estime-t-il.

Selon ce professeur, même si Miguel Angel Fernandez Ordonez fait désormais figure de «bouc émissaire», le gouverneur a commis beaucoup d’erreurs qui ont «miné le prestige d’une institution internationalement reconnue telle que la Banque d’Espagne». Il ajoute que «les professionnels de la Banque d’Espagne ont été mis sous silence en raison des pressions politiques. Un organisme comme la Banque d’Espagne ne peut être soumis à de telles pressions».

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