Antoine Bernheim pourrait ne pas finir son mandat à la présidence de Generali
Quelques semaines après avoir été contesté par le fonds d’investissement Algebris, Antoine Bernheim, président de Generali, se trouve à nouveau sur la sellette. Selon des indiscrétions relancées par le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore à la fin de la semaine dernière, Bernheim ne devrait pas achever son mandat à la tête de l’assureur italien – qui normalement se termine avec l’approbation du bilan 2009.
Un plan serait déjà prêt pour lui proposer la présidence honoraire du groupe lors de la prochaine assemblée générale, en avril. Les actionnaires auraient déjà identifié son successeur: il s’agirait, toujours selon Il Sole 24 Ore, du quinquagénaire Claudio Costamagna, ex homme de pointe de Goldman Sachs en Italie, réputé proche du président du Conseil Romano Prodi. Il hériterait d’amples pouvoirs opérationnels, tandis que l’un des deux administrateurs délégués du groupe de Trieste, Giovanni Perissinotto, deviendrait CEO en bonne et due forme. Les actionnaires de Generali – Mediobanca en tête – auraient choisi Costamagna après que Paolo Scaroni, actuel CEO du groupe pétrolier Eni et dont le nom avait déjà circulé cet automne, a refusé le poste.
Aucun commentaire du côté de Generali, qui a tout de même laissé filtrer que les résultats atteints par la compagnie d’assurance parlent en faveur du manager français. Reste qu’Antoine Bernheim était déjà particulièrement visé par la lettre d’Algebris, qui contestait aussi bien son âge que sa rétribution. Algebris a tissé depuis des contacts avec certains actionnaires de Generali et préparerait une nouvelle lettre destinée au conseil d’administration du groupe.
Quant à Bernheim, qui parle depuis longtemps d’attaques italiennes contre lui, il aurait été un peu trop loin en évoquant, lors d’une récente rencontre avec les dirigeants du groupe, la présence de mafieux parmi ses actionnaires, croit savoir le Sole 24 Ore. Les actionnaires français de Mediobanca menés par Vincent Bolloré pourraient donc finalement, selon la presse italienne, se rallier à un changement de management, qui aurait en outre l’avantage de simplifier la gouvernance de Generali. Ceci dit, les grandes manoeuvres semblent prématurées: il reste encore plusieurs mois avant l’assemblée fatidique, et les changements à la tête de l’assureur italien ont souvent pris l’allure de coups de théâtre de dernière minute.
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