Amundi étrenne le nouveau label public ISR
Le nouveau label public ISR (investissement socialement responsable) entré en vigueur en janvier dernier est désormais une réalité bien concrète. Amundi a annoncé hier que quatre de ses fonds ouverts (Amundi Crédit Euro ISR, Amundi Actions Euro ISR, Amundi Actions Europe ISR et Amundi Actions USA ISR) ont été labellisés par Afnor Certification, la filiale de l’Association française de normalisation.
Le gérant français, qui est le premier à obtenir ce nouveau visa, devrait enrichir progressivement son offre ISR labellisée.
«Pour la première année du label, le Trésor a souhaité se concentrer sur les fonds actions et obligations d’entreprise en limitant les obligations souveraines et en excluant pour l’instant les fonds monétaires, rappelle à L’Agefi Thierry Bogaty, le directeur d’Amundi Expertise ISR. Le choix des quatre fonds que nous avons fait labelliser répond aussi à notre souci de cibler une clientèle de particuliers avec des véhicules que nos réseaux de distribution mettent davantage en avant.»
Issu de travaux lancés mi-2014, le label public ISR s’est heurté à de nombreuses divergences entre acteurs. Principale pomme de discorde, la prise en compte des critères ESG (environnement, social, gouvernance) avait finalement abouti à une solution consensuelle, jugée trop floue par certains. Un fonds doit ainsi réduire d’au moins 20% son univers initial, ou bien comme Amundi apporter la preuve que la note ESG de son portefeuille est «significativement supérieure» à l’univers de départ.
«Le choix de l’Afnor s’est imposé de lui-même car l’association certifie déjà la démarche ISR globale d’Amundi depuis 2013», estime Thierry Bogaty. Délivré pour trois ans, le label donnera lieu à un suivi annuel pour vérifier que la construction du portefeuille est conforme au cahier des charges. Ce dernier comporte cinq autres piliers (objectifs généraux, méthode d’analyse, transparence du reporting, dialogue avec les entreprises et impact ESG) pour juger du caractère ISR du fonds.
Malgré son expérience en la matière, Amundi a «dû affiner la formalisation de la mesure d’impact de son approche et se soumettre scrupuleusement au plan de contrôle du cahier des charges du label», explique Thierry Bogaty. Totalisant 700 millions d’euros d’encours, les quatre fonds sont distribués par Crédit Agricole, LCL, Société Générale et Crédit du Nord. Un autre fonds de 250 millions d’euros nécessitant des ajustements de sa documentation juridique devrait être prochainement labellisé.
Plus d'articles du même thème
-
Des fonds de pension américains s'alarment de la gouvernance prévue pour l'introduction en Bourse de SpaceX
Trois grands investisseurs de long terme gérant plus de 1.000 milliards de dollars d'encours combinés ont interpellé les dirigeants de SpaceX sur la structure de gouvernance envisagée pour son introduction en Bourse, jugée la plus favorable au dirigeant jamais soumise aux marchés publics américains à cette échelle. -
Candriam va tokeniser certains de ses fonds sur Iznes pour accélérer leur distribution
Le gestionnaire de fonds redéfinit ses standards de distribution en combinant technologie blockchain, transparence et efficacité opérationnelle. -
FTSE Russell et Planetrics s'allient pour des indices climatiques nouvelle génération
Ce partenariat vise à développer une nouvelle génération d’indices financiers intégrant des scénarios climatiques, dans un contexte où la matérialité du risque physique devient centrale pour les investisseurs. A l'ombre de cette transition, la question du risque juridique persiste. -
Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
Fannie Wurtz prend la direction du pôle clients du gestionnaire d'actifs du Crédit Agricole tandis que Vincent Mortier supervisera le pôle investissements. -
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
Mubadala mise sur le parc éolien offshore Hornsea 3
Le fonds souverain abou-dhabien investit aux côtés d'un consortium piloté par Apollo, qui comprend le fonds de pension anglais USS et la Caisse du Québec.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Les municipalités face au changement climatique
Episodes de canicule, sécheresses, inondations : l’exceptionnel est en passe de devenir la nouvelle norme et aucun territoire en France n’échappe désormais aux effets du changement climatique. Comment les élus locaux font-ils face à l’aléa ? Est-il possible d’anticiper et d’adapter les territoires à des conditions financièrement acceptables ? -
Communication politiqueCarburants : la sortie de crise s'éloigne, Sébastien Lecornu dégaine une conférence de presse
Après le grand perron de Matignon. Après le petit perron de Matignon. Voici la conférence de presse. Pourquoi ce choix ? Pour expliquer aux Français que le choc pétrolier va durer. Les perspectives de sortie de crise rendent le Premier ministre pessimiste -
SpaceX lance la dernière version de sa fusée Starship avant son entrée en Bourse
New York - SpaceX s’apprête à lancer jeudi la dernière version de sa fusée géante Starship lors d’un vol test qui précède l’entrée en Bourse de l’entreprise aérospatiale du multimilliardaire Elon Musk. La gigantesque fusée doit décoller du sud du Texas jeudi à 17H30 locales (22H30 GMT). Les enjeux sont importants pour SpaceX, qui fera voler Starship pour la 12e fois, sept mois après son dernier lancement. Du haut de ses 124 mètres, le modèle actuel est légèrement plus grand que le précédent et l’entreprise aura à coeur de démontrer les améliorations apportées à la fusée lors du vol, un jour seulement après avoir rendu public son dossier d’introduction en Bourse (IPO). SpaceX a déclaré qu’elle ne tentera pas de récupérer le propulseur de sa fusée, une manoeuvre spectaculaire qu’elle a déjà réalisée par le passé. Elle laissera à la place le premier étage s’abîmer dans les eaux du Golfe du Mexique. L'étage supérieur aura lui pour mission de déployer une charge utile de 20 satellites factices, ainsi que deux «satellites Starlink» équipés de caméras, qui tenteront d’analyser l’efficacité du bouclier thermique de l’engin. La mission test devrait durer environ 65 minutes après le décollage. Pendant ce laps de temps, l'étage supérieur devrait suivre une trajectoire suborbitale avant d’amerrir dans l’océan Indien. Les dernières missions de Starship se sont déroulées avec succès mais d’autres s'étaient soldées par des explosions spectaculaires, notamment deux au-dessus des Caraïbes, et une après avoir atteint l’espace. En juin dernier, l'étage supérieur avait explosé lors d’un essai au sol. Obstacles Ce vol d’essai tombe à un moment crucial pour SpaceX: Elon Musk prépare sa retentissante entrée en Bourse, annoncée pour mi-juin, et une version modifiée de la fusée Starship doit servir à terme d’alunisseur pour la Nasa. L’agence spatiale américaine compte envoyer des astronautes sur la Lune en 2028, avant la Chine, puissance rivale, qui ambitionne aussi d’y envoyer des hommes, d’ici 2030. Mais compte tenu des retards pris par le secteur privé, le gouvernement de Donald Trump craint de plus en plus que les Etats-Unis échouent à réaliser cet objectif en premier. Pour le physicien Scott Hubbard, les enjeux du lancement jeudi sont «énormes». «Le gouvernement a pris la décision de s’allier avec des acteurs privés pour ramener des humains (sur la Lune), et maintenant ces personnes doivent être à la hauteur», estime auprès de l’AFP l’ancien directeur d’un centre de recherche de la Nasa. «Si le lancement se déroule sans encombre, cela ouvrira véritablement la voie à de nouvelles infrastructures et à de nouveaux contrats pour l’exploration lunaire», estime l’analyste Antoine Grenier, responsable du secteur spatial chez le cabinet de conseil Analysys Mason. Outre SpaceX, son concurrent Blue Origin - entreprise détenue par Jeff Bezos - cherche aussi à développer un alunisseur. Les deux entreprises ont réorienté leur stratégie pour donner la priorité aux missions lunaires. La Nasa prévoit une mission en 2027 qui ne s’aventurera pas jusqu'à la Lune, avant l’envoi d’astronautes sur la surface lunaire en 2028 lors de la 4e mission Artémis. Mais les experts du secteur sont sceptiques quant à la capacité des deux entreprises à atteindre ces objectifs à temps. L’un des principaux obstacles est de démontrer la capacité à se ravitailler en propergol en orbite, une étape essentielle pour fournir de l'énergie aux moteurs d’une fusée mais qui n’a jamais été testée pour des missions longue durée. «Espérons qu’ils y parviennent», lance Scott Hubbard, qui souligne un «défi technique de taille». Maggy DONALDSON © Agence France-Presse