Amsterdam imagine un véhicule pour alléger les coûts de financement
L’institution émettra des obligations hypothécaires garanties par l’Etat néerlandais afin de détendre les taux d’intérêt
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Antoine Duroyon
L'«institution nationale du crédit hypothécaire», c’est le nom donné à un nouveau véhicule obligataire en phase de gestation aux Pays-Bas. Fruit d’une concertation entre le gouvernement néerlandais, les banques et des fonds de pension, il vise à émettre des obligations hypothécaires garanties par la note AAA des Pays-Bas. Les titres prendront modèle sur les obligations gouvernementales et comporteront différentes maturités.
Selon un document préparé par le comité spécial conseillant le gouvernement sur ce sujet, le véhicule se fixe pour objectif de placer au moins 50 milliards d’euros de titres de dette sur cinq ans. Les banques transfèreront sous forme de titrisation des prêts à faible niveau de risque (uniquement ceux garantis par le fonds public WEW), conservont les risques de défaut afin d'éviter tout «aléa moral». Ce projet nécessite le feu vert de l’Union européenne, qui régule les aides à l’industrie financière.
Objectif : réduire les coûts de financement, alors que le pays est frappé par une crise immobilière. Les emprunteurs néerlandais supportent un taux d’intérêt supérieur en moyenne d’un point de pourcentage à ce qu’on observe par ailleurs dans l’Union européenne. Les banques domestiques reposent sur le financement des marchés de capitaux pour combler un fossé d’environ 450 milliards d’euros entre les dépôts et les prêts. Ce déficit est accru par la dette hypothécaire nationale, l’une des plus élevées au monde, à 108% du PIB.
Ce nouveau véhicule obtiendra du financement à des coûts d’emprunt similaires à ceux de l’Etat néerlandais, auxquels s’ajoutera une surcharge de liquidité. Les taux sur la dette souveraine néerlandaise figurent parmi les plus bas dans la zone euro, le rendement des titres à 10 ans ressortant actuellement à 2,30%. Selon les calculs du comité spécial, un financement moins coûteux pourrait réduire la différence entre les taux sur les obligations souveraines et les crédits hypothécaires d’environ 20 points de base au fil des ans. L’entrée sur le marché de nouveaux prêteurs immobiliers pourrait favoriser une baisse supplémentaire de 30 points de base.
Ce véhicule a été dévoilé le jour même de la présentation devant le Parlement du projet de budget pour 2014. Le gouvernement prévoit l’an prochain un déficit public à 3,3% du PIB, même après l’application de mesures d’austérité supplémentaires pour un total de 6 milliards d’euros. En 2013, il devrait s'établir à 3,2% du PIB.
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