Ambivalence française

Philippe Mudry

Pour que Paris parvienne à assouvir ses ambitions de Place financière internationale, il lui faudra mettre d’urgence un terme à une ambivalence qui sape, notamment à l’étranger, la crédibilité de sa démarche. Le dossier est d’autant plus crucial que l’incarnation la plus flagrante de cette ambivalence se trouve occuper le bureau principal du Palais de l’Elysée. D’un côté, la volonté de rayonnement financier de Paris se trouve efficacement relayée au niveau politique. Bercy et l’Elysée ont donné sur ce sujet des gages fort appréciés des professionnels. Mais de l’autre, des signaux très fâcheux viennent d’être allumés qui hypothèquent sérieusement ces avancées. Les envolées présidentielles sur le thème de la « finance devenue folle » sont politiquement compréhensibles mais laissent planer un doute s’agissant du développement à Paris de la finance de marché. Quant aux lourdes charges de son conseiller Henri Guaino contre d’éventuels « prédateurs » qui voudraient vouloir se rapprocher de Société Générale, elles ne sont pas plus compatibles avec le droit européen qu’avec l’intérêt de la Place qui imposent tous deux l’ouverture. Le terme « Place » pouvant signifier « carrefour » ou « forteresse », il conviendrait de signifier clairement laquelle des deux acceptions le pouvoir a en tête. Les financiers choisissent la première. Si le politique opte pour la deuxième, Paris n’a guère d’illusions à se faire sur son avenir financier.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...