Ambac sauve son triple A mais reste en perspective négative
Les dirigeants d’Ambac peuvent souffler. Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s ont en effet annoncé qu’elles maintenaient leur triple A sur le rehausseur de crédit, suite au succès de son augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars. Celle-ci a constitué «l’élément déterminant dans la confirmation de la note AAA» a ainsi souligné Moody’s. Même discours du côté de S&P qui a en outre apprécié le fait qu’Ambac s’éloigne de la garantie de produits financiers structurés. Ricardo Kleinbaum, analyste chez BNP Paribas, pense que cette décision est celle que tout le monde attendait et qu’elle «apporte un peu de répit». Du répit et non du soulagement, car si la note est confirmée, la perspective demeure, elle, négative, ce qui signifie qu’une dégradation reste possible d’ici à deux ans. Cependant, cette perspective pourrait s’améliorer, comme l’a déclaré Moody’s, si la société américaine donne plus de détails sur ses prévisions de pertes liées à la crise du crédit, et si sa stratégie devient plus claire.
Parmi les principales agences de notation, seule Fitch a donc dégradé Ambac à «AA». Pour la filiale de Fimalac, les finances du groupe new-yorkais sont 4 à 5 milliards de dollars inférieurs à ses standards pour une notation «AAA». Au-delà des aspects comptables, l’agence a toutefois souligné qu’un rétablissement de la situation sur le marché de l’assurance crédit pourrait permettre d’améliorer la note d’Ambac. De même, l’agence a apprécié le recentrage des activités du rehausseur sur les «municipal bonds», laissant de côté les garanties sur les dettes les plus risquées.
Ajit Jain, responsable de la branche de rehaussement chez Berkshire Hathaway, prédit cependant qu’avec ce maintien de notation et le recentrage sur l’activité des «municipal bonds», cela va déclencher une guerre des prix dans le secteur. «C’est inéluctable» a-t-il indiqué. D’autant plus que les autorités locales aux Etats-Unis ont décidé de faire pression sur les agences de notation pour qu’elles développent une méthode de notation du crédit identique pour les entreprises et pour les collectivités. Si tel était le cas, Ajit Jain souligne que le marché des «municipal bonds» s’en retrouverait affaibli. Avec une méthode commune, la plupart des Etats américains serait alors noté triple A, ils auraient donc moins d’utilité à recourir à la garantie de crédit.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien