Ambac sauve son triple A mais reste en perspective négative
Le succès de l’augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars réalisée par le rehausseur de crédit a rassuré S&P et Moody’s
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Alexandre Boksenbaum
Les dirigeants d’Ambac peuvent souffler. Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s ont en effet annoncé qu’elles maintenaient leur triple A sur le rehausseur de crédit, suite au succès de son augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars. Celle-ci a constitué «l’élément déterminant dans la confirmation de la note AAA» a ainsi souligné Moody’s. Même discours du côté de S&P qui a en outre apprécié le fait qu’Ambac s’éloigne de la garantie de produits financiers structurés. Ricardo Kleinbaum, analyste chez BNP Paribas, pense que cette décision est celle que tout le monde attendait et qu’elle «apporte un peu de répit». Du répit et non du soulagement, car si la note est confirmée, la perspective demeure, elle, négative, ce qui signifie qu’une dégradation reste possible d’ici à deux ans. Cependant, cette perspective pourrait s’améliorer, comme l’a déclaré Moody’s, si la société américaine donne plus de détails sur ses prévisions de pertes liées à la crise du crédit, et si sa stratégie devient plus claire.
Parmi les principales agences de notation, seule Fitch a donc dégradé Ambac à «AA». Pour la filiale de Fimalac, les finances du groupe new-yorkais sont 4 à 5 milliards de dollars inférieurs à ses standards pour une notation «AAA». Au-delà des aspects comptables, l’agence a toutefois souligné qu’un rétablissement de la situation sur le marché de l’assurance crédit pourrait permettre d’améliorer la note d’Ambac. De même, l’agence a apprécié le recentrage des activités du rehausseur sur les «municipal bonds», laissant de côté les garanties sur les dettes les plus risquées.
Ajit Jain, responsable de la branche de rehaussement chez Berkshire Hathaway, prédit cependant qu’avec ce maintien de notation et le recentrage sur l’activité des «municipal bonds», cela va déclencher une guerre des prix dans le secteur. «C’est inéluctable» a-t-il indiqué. D’autant plus que les autorités locales aux Etats-Unis ont décidé de faire pression sur les agences de notation pour qu’elles développent une méthode de notation du crédit identique pour les entreprises et pour les collectivités. Si tel était le cas, Ajit Jain souligne que le marché des «municipal bonds» s’en retrouverait affaibli. Avec une méthode commune, la plupart des Etats américains serait alors noté triple A, ils auraient donc moins d’utilité à recourir à la garantie de crédit.
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