Ambac Financial et MBIA menacés de perdre leur «AAA»
Conserver le triple A, coûte que coûte : une question d’existence pour les réhausseurs de crédit américains. Ambac Financial va ainsi lever 1 milliard de dollars, une recapitalisation qui devrait lui « sauver » la note de Fitch, l’agence de notation qui justement avait estimé la semaine dernière que la compagnie nécessitait une recapitalisation d’un milliard de dollars environ, faute de quoi elle pourrait dégrader la note du réassureur américain en raison de son exposition à la crise du subprime.
En revanche les critères definis par Moody’s et Standard&Poor’s lui permettent d’espérer pouvoir conserver le triple A donné par ces deux dernières agences.
Ambac, qui doit présenter ses résultats pour le quatrième trimestre la semaine prochaine, vient d’annoncer le départ de son PDG Robert Genader qui quitte la société au bout de vingt années et qui sera remplacé provisoirement par Michael Callen.
Le rehausseur indique qu’il versera un dividende par action de 7 cents, contre 21 attendus. Il prévoit également une perte par action de 5,80 dollars pour le quatrième trimestre, alors que le consensus des analystes anticipait un bénéfice de 1,68 dollar.
Une annonce qui a provoqué l’effondrement de l’action en Bourse, le titre Ambac abandonnant 26,82 % à 15,45 dollars à mi-séance.
Par ailleurs, Ambac indique estimer la valeur de son portefeuille de dérivés de crédits à 5,4 milliards de dollars après une perte au quatrième trimestre de 3,5 milliards de dollars. Il aurait perdu sur les CDO environ 1,1 milliard de dollars.
MBIA, le numéro un mondial du rehaussement de crédit, qui a fait savoir il y a quelques jours que son exposition aux titrisations les plus risquées liées au subprime atteignait neuf milliards de dollars, soit 900 millions de plus que ce que la compagnie avait annoncé il y a trois semaines, se retrouve devant le même problème. Pour préserver sa note, le principal concurrent d’Ambac a déjà adopté une démarche similaire, levant notamment 500 millions de dollars auprès du fonds Warburg Pincus et divisant par trois son dividende. Mais surtout MBIA a revendu pour un milliard de dette à des investisseurs avec un taux d’intérêt pour le moins attractif puisqu’il s’élève à 17 %. Déjà jeudi dernier on signalait que ses émissions étaient négociées entre 10 et 12 %, soit plus du double de ce qui est ordinairement pratiqué...
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