Allianz veut participer à la consolidation en vue de la finance allemande

Le bancassureur s’affiche optimiste pour 2008 mais réfléchit à l’avenir de sa filiale Dresdner, confrontée à de nouvelles dépréciations sur le crédit
Lothar Gries, à Francfort

Allianz persiste et signe. Pour l’année en cours, le bancassureur allemand table sur une progression de son résultat opérationnel de 10 % à quelque 12 milliards d’euros. Cet objectif vaut également pour 2009. « Après les restructurations des dernières années, nous sommes en mesure de relever les défis soulevés par la crise des crédits et d’atteindre les résultats fixés », a affirmé le patron du groupe lors de la présentation du bilan hier. Et Michael Diekmann de souligner qu’une « éventuelle récession aux Etats-Unis n’y changera rien ».

Son optimisme repose notamment sur la bonne marche des activités dans l’assurance où Allianz s’attend à un ratio combiné de 94 %. Reste que le groupe n’est pas à l’abri de nouvelles pertes dans sa filiale bancaire Dresdner Bank. Après une dépréciation de 1,3 milliard d’euros en 2007, essentiellement dans le domaine des ABS (asset backed securities), le résultat d’exploitation de l'établissement a chuté à 730 millions d’euros, contre 1,4 milliard l’année précédente. Au quatrième trimestre, la banque a même plongé dans le rouge, réalisant une perte de 453 millions d’euros. Et le groupe n’exclut pas des dépréciations supplémentaires de 300 à 400 millions d’euros au cours du premier trimestre.

Parallèlement, Allianz a annoncé que la banque allait secourir l’un de ses conduits SIV (structured investment vehicle) dont les positions critiques sont évaluées à 544 millions d’euros sur un portefeuille total de 13,5 milliards. Le montant des secours n’a pas été révélé mais la banque table sur un maximum de 285 millions d’euros. C’est pourquoi Allianz refuse de fournir de prévisions chiffrées du résultat de la banque en 2008.

Face aux difficultés persistantes de Dresdner Bank, des spéculations sont à nouveau apparues sur son avenir au sein du groupe. Hier, Michael Diekmann s’est refusé à tout commentaire, se gardant toutefois de rappeler que la banque est une partie intégrale du groupe, comme il l’avait fait dans le passé. Le dirigeant n’a pas voulu dire non plus s’il est intéressé par le rachat de Postbank. « La consolidation en vue dans la finance allemande est un aspect positif et nous voulons y jouer un rôle actif parce que nous en sommes l’un des acteurs », a-t-il simplement déclaré. Sur la Place de Francfort, des rumeurs font état de concertations avec Berlin en vue de la création d’une grande banque de détail réunissant Postbank, Commerzbank et Dresdner Bank.

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