AIG frappé de plein fouet par la dépréciation de ses actifs
American International Group (AIG) n’a pas le vent en poupe, à l’image de nombre de ses homologues des services financiers outre-Atlantique. Le principal assureur au monde, par la taille de ses actifs, a enregistré une perte nette de quelque 5,29 milliards de dollars au titre du 4e trimestre 2007, contre un bénéfice de 3,44 milliards un an auparavant. Un résultat bien décevant aux yeux des analystes.
AIG a indiqué que les comptes du trimestre écoulé incluaient une provision de 11,12 milliards de dollars correspondant à la dépréciation de son portefeuille de CDS (credit default swaps), ces produits dérivés liés à l’assurance contre le risque de défaut.
Surtout, si l’assureur américain a mis genou à terre concernant les comptes de l’an passé, il n’a pas manqué d’afficher un manque flagrant de confiance pour l’exercice en cours.
De quoi susciter la défiance des opérateurs, le titre AIG accusant un repli de plus de 5 % en après-Bourse, après avoir déjà cédé 4 % en séance officielle, avant l’annonce de ses résultats. Certains observateurs ont qualifié les errements d’AIG de symptomatique des troubles actuels du système financier et entrevoient d’autres mauvaises nouvelles à l’horizon. Le groupe a indiqué ne pas envisager de rachat de titres «dans un avenir proche» au-delà des engagements pris l’an passé.
L’assureur a avancé que la majeure partie de la valeur des actifs dépréciés pourrait être retrouvée dans le temps, mais que la valeur actualisée de certains actifs l’avait incité a enregistrer une perte. Au final, AIG a concédé une charge nette de 2,63 milliards de dollars, dont 643 millions directement issus d’investissements malheureux dans la sphère immobilière.
De l’aveu même du directeur général Martin Sullivan, ces résultats « clairement insatisfaisants » ne peuvent lui permettre d’exclure davantage de dépréciations à court terme. En effet, le dirigeant a dit s’attendre à une faiblesse persistante du marché immobilier cette année, ainsi qu’à des incertitudes sur les marchés de crédit. Un analyste de Gradient Analytics n’a dès lors pas hésité à confier qu’« en 2008, cela pourrait bien être pire ». Pour un autre spécialiste de la valeur à Wall Street, les dépréciations « massives » révélées par AIG sont « préoccupantes ».
Quelques années après le scandale comptable ayant frappé AIG, l’assureur a dû faire part ce mois-ci au sein d’un document à la SEC que ses auditeurs avaient relevé des « faiblesses importantes » de son système comptable.
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