Actions : l’Europe peut-elle progresser quand les Etats-Unis chutent ?

Le flux de bonnes nouvelles macroéconomiques se tarit aux Etats-Unis, rendant les valorisations de moins en moins tenables sur ce marché directeur.
P. Sabatier, PrimeView

En monnaie locale, la performance des marchés actions européens est impressionnante depuis le début de l’année par rapport à leurs homologues (+16% pour l’EuroStoxx, contre +7,3% pour le Nikkei et -0,7% pour le S&P 500), et en ligne avec nos convictions. Tout semble ainsi réuni pour que les indices européens surperforment.

Trois facteurs en particulier seront favorables aux actifs risqués du Vieux Continent: d’abord, un quantitative easing puissant et de grande ampleur, permettant de faire jouer l’effet d’éviction des investisseurs institutionnels du marché obligataire au profit des actions; ensuite un mini-cycle économique plus favorable, au moment même où les nouvelles américaines sur ce front deviennent plus négatives (cf. graphique); enfin, des prix des matières premières au plus bas qui allègent la facture pour les entreprises européennes, couplés à une fiscalité moins punitive, ce qui favorise les marges des entreprises de la zone, qui en avaient bien besoin.

Pour autant, deux questions se posent autour du rythme d’expansion à venir pour les actions européennes. D’abord, toutes les bonnes nouvelles ne sont-elles pas déjà intégrées dans les cours boursiers actuels ? Au regard des niveaux de valorisation et connaissant le caractère anticipateur des marchés, c’est probable. La poursuite de la progression des indices devra ainsi passer par la microéconomie (les bénéfices), plutôt que par une expansion des multiples. La bonne nouvelle est que la chute de l’euro tout comme celle des matières premières devrait soutenir les profits des entreprises européennes à court terme, permettant de stopper les révisions systématiquement baissières des derniers trimestres.

Mais surtout, les actions européennes sauront-elles poursuivre leur progression dans un contexte où il devient de plus en plus probable que les marchés actions américains corrigent au regard des niveaux de valorisation désormais intenables selon les normes historiques (price/sales au même niveau qu’en 2007 et 2000, voir notre chronique du mois dernier) ?

Dans ces conditions, si nous maintenons notre anticipation de surperformance des actions européennes par rapport à leurs homologues japonaises mais surtout américaines, nous estimons qu’elle devrait se traduire par une oscillation autour des niveaux actuels pour les actifs risqués du Vieux Continent, contre une correction pour les autres indices.

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