Accord à l’arraché sur le deuxième plan grec
Après treize heures de discussions, les dirigeants européens ont finalement bouclé le deuxième plan d’aide à la Grèce, qui était attendu depuis juillet 2011. Sous la pression de Berlin et La Haye, la nouvelle enveloppe de prêts a été maintenue dans la limite de 130 milliards d’euros pour la période 2012-2014. Mais pour remplir l’objectif de ramener le stock de dettes à 120% du PIB en 2020, la participation des créanciers privés et du secteur public a été accrue. Le FMI réserve sa décision sur sa participation.
C’est en fait un mini-sommet qui s’est tenu cette nuit à Bruxelles avec le Premier ministre grec Lucas Papademos et ses homologues italien Mario Monti et luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l’eurogroupe, ainsi que le président de la BCE Mario Draghi et la directrice générale du FMI Christine Lagarde. L’objectif de la réunion était de recalculer les paramètres du plan de façon à revenir à un ratio de dette sur PIB de 120% en 2020, alors que les dernières analyses des experts européens et internationaux pointaient un risque de divergence du ratio à 129%, compte tenu des perspectives de croissance.
Finalement une augmentation de la décote des obligations détenues par le secteur privé à 53,5% a été décidée. Pour une obligation de 100 de valeur nominale, les créanciers pourront obtenir un titre de 46,5 assorti d’un coupon de 2% jusqu’à 2014, 3% entre 2015 et 2020 et 4,3% après 2020. L’échange de titres sera lancé «dans les jours à venir», a indiqué Jean-Claude Juncker, vraisemblablement le 3 mars.
Les Etats créanciers de la Grèce vont renoncer à une partie de leurs intérêts de deux manières. Dans le cadre du plan scellé en 2010, ils vont revoir rétroactivement à la baisse leur marge pour la ramener à 150 bp. Ils s’engagent à rétrocéder à Athènes les intérêts sur les obligations grecques détenues par la BCE et les banques centrales nationales. Avec ces deux mesures, la dette serait allégée de 4,6% de PIB supplémentaires. «Cet accord va donner à la Grèce le temps dont elle a besoin» pour retrouver compétitivité et croissance, selon Jean-Claude Juncker.
Christine Lagarde a laissé entendre qu’elle conditionnait la participation du FMI moins à la mise en œuvre du plan en Grèce qu’au renforcement des défenses constituées par le Mécanisme de soutien européen et la Facilité. La discussion sur le cumul des moyens des deux instruments n’a pas abouti. Elle reprendra au sommet européen du 1er mars.
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