Accor souligne sa moindre dépendance aux cycles économiques
«2007 a été une très belle année pour Accor : des résultats excellents grâce à de solides performances opérationnelles.» Ce commentaire du PDG Gérard Pélisson semble justifié au vu de revenus en hausse de 6,8 % à 8,1 milliards d’euros, avec une progression des ventes de 11,9 % en données comparables dans les services (chèques-restaurants et chèques cadeaux avec l’acquisition de Kadéos) tandis que dans l’hôtellerie, Accor indique que «la poursuite de la dynamique du cycle hôtelier en Europe lui a permis de parvenir à des revenus en hausse de 5,8 % à périmètre et taux de change constants».
La marge brute d’exploitation de 28,6 %, «la plus forte jamais enregistrée», reflète une hausse de 0,7 point en données comparables et de 1,2 point en données publiées par rapport à 2006. Le résultat avant impôt et éléments non récurrents (+21,6 % à 907 millions) est supérieur à la fourchette de résultat de 870 à 890 millions d’euros prévue par le groupe en août 2007, tandis que la hausse de 76,2 % du bénéfice net à 883 millions, au-dessus du consensus, inclut 349 millions de plus-values nettes sur cessions d’actifs.
Le quatrième groupe hôtelier mondial engrange ainsi les bénéfices d’une stratégie reposant depuis 2005 sur un développement moins capitalistique, avec la vente d’actifs immobiliers et d’activités non stratégiques (Go Voyages en 2007) et l’exploitation croissante du parc hôtelier par contrats de gestion ou de franchise. Le retour sur capitaux (ROCE) mesuré à partir de l’excédent brut d’exploitation a de ce fait atteint 13,6 % fin 2007, contre 11,9 % un an auparavant.
Le développement de ses enseignes de luxe (Sofitel, Pullman), la part croissante des services et la faible exposition au marché américain depuis la cession de Red Roof Inn à l’automne dernier expliquent également la relative sérénité du groupe face à une conjoncture économique plus incertaine. Accor a ainsi calculé «qu’en fonction du portefeuille actuel, la réduction potentielle du résultat opérationnel du groupe entre 2001 et 2003 serait aujourd’hui de seulement 9 %, contre une baisse de 27 % observée à l’époque». En plus d’un dividende ordinaire en hausse de 13,8 %, le groupe va donc «prudemment» distribuer cette année à ses actionnaires 750 millions supplémentaires grâce à un dividende spécial et à un rachat d’actions. Ce qui devrait notamment plaire au premier d’entre eux, Colony Capital, qui détient 10,7 % du capital.
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