Aberdeen AM doit lutter sur tous les fronts pour préserver sa collecte
Nous assisterons inévitablement à une rationalisation à court terme des actifs sous gestion de Scottish Widows Investment Partnership». Pour Aberdeen AM, qui a bouclé au printemps le rachat de son compatriote, la décollecte à l’œuvre chez Swip est dans l’ordre des choses, comme l’indiquait hier le communiqué des résultats sur neuf mois à fin juin du groupe. Le gestionnaire d’actifs écossais n’avait simplement pas prévu qu’il serait lui aussi encore affecté par des retraits nets lors du trimestre écoulé.
Aberdeen AM a ainsi perdu un gros mandat «à faible marge» de 4 milliards de livres sur ses fonds actions monde et Asie-Pacifique, de la part d’un client dont il tait le nom. Même sans cette mauvaise surprise, le spécialiste des actions émergentes a continué à décollecter sur la classe d’actifs (plus de 200 millions), à un rythme cependant moindre que lors des trimestres précédents. En prenant en compte ses autres expertises (taux, solutions d’allocation d’actifs…), les retraits nets se montent à 5,5 milliards de livres sur la période. Aberdeen AM indique avoir gagné dans le même temps pour 2 milliards de livres de nouveaux mandats qui n’ont pas encore été financés par les clients.
De son côté, Swip a perdu 3,3 milliards de flux nets, seule sa gestion immobilière ayant une collecte positive. L’acquisition du gestionnaire écossais, dont les comptes seront encore isolés pour le trimestre en cours, a pour but de diversifier le profil d’activités d’Aberdeen AM. Très exposé aux marchés émergents, ce dernier a souffert en 2013 du mouvement de retrait des investisseurs internationaux dans la région, amorcé lorsque la Fed avait évoqué la diminution de son programme de rachats d’actifs.
Ajoutés à des effets de change négatifs, ces retraits de fonds ont effacé l’effet marché favorable du deuxième trimestre et conduit à un recul de 2 milliards des encours gérés du groupe Aberdeen AM, à 322 milliards de livres. Une performance qualifiée de décevante par le courtier Numis Securities, et qui s’est traduite par un recul de 5,31% de l’action à la Bourse de Londres. A 14,5 fois ses bénéfices par action estimés pour 2014, le titre ne paraît pas il est vrai particulièrement bon marché.
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