ABC Arbitrage se délocalise partiellement
ABC Arbitrage met ses menaces à exécution. Confronté à la mutation des marchés et aux pressions réglementaires, le gestionnaire alternatif français a décidé sa délocalisation partielle. En raison notamment de la taxe sur les transactions financières en France, il vient de créer une filiale irlandaise, Quartys, et veut en créer une deuxième à Singapour au cours du second semestre. La première pourrait compter à terme cinq collaborateurs, tandis que deux cadres sont partis en Asie.
«Ces entités nous permettront de développer des produits non soumis aux taxes financières et que les banques qui nous financent ne veulent plus nous facturer à partir de leur filiale française», explique Dominique Ceolin, PDG d’ABC Arbitrage. Selon ce dernier, certaines banques et courtiers étrangers estiment que traiter avec des clients français leur coûte trop cher.
Selon Dominique Ceolin, la TTF a provoqué un manque à gagner estimé entre 3 et 4 millions d’euros pour ABC Arbitrage en 2013, soit 10 à 15% du produit d’activité de la société. Ce qui se répercute sur l’assiette de la taxe, mais aussi sur l’impôt sur les sociétés: une politique fiscale contre-productive.
En 2013, ABC Arbitrage n’a pas été victime des seules évolutions fiscales. «L’intervention massive des banques centrales a modifié structurellement les comportements de marché et les profils de risque», estime la société. Ce phénomène a fortement réduit la volatilité des marchés, alors que les hedge funds s’en nourrissent. Et la renaissance des opérations de fusions-acquisitions tant annoncée n’a pas réellement pris corps.
Conséquence, ABC Arbitrage enregistre une chute de 59% de son bénéfice net part du groupe (à 10,1 millions d’euros). La société a subi également une décollecte nette de 136 millions d’euros; ses actifs sous gestion plongent de 24%, à 348 millions.
Considérant que 2013 annonce une tendance lourde, Dominique Ceolin admet que les objectifs de son plan Ambition H2015 (70 millions de résultat net fin 2014) sont caducs. Le nouveau plan Ambition 2016 vise 90 millions de résultat net cumulé (dont 25 millions dès 2014). «C’est faisable avec un minimum de volatilité sur le marché de 18-20%», indique le PDG. Il veut exploiter les stratégies de basse volatilité, en lançant deux nouveaux fonds, et développer les commissions de gestion, en adoptant des stratégies «un peu moins arbitragistes» permettant de gérer des volumes plus importants. Une dizaine de recrutements sont prévus.
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