ABC Arbitrage n’exclut pas une délocalisation
En 2011, le président d’ABC Arbitrage Dominique Coelin avait qualifié les mesures de taxation de la finance de «politiquement intelligentes» mais «irrationnelles» car inefficaces, voire contre-productives. Depuis, la taxe sur les acquisitions de titres en capital est venue s’ajouter, tandis que se discutent l’encadrement du trading à haute fréquence et la taxe européenne sur les transactions financières.
Dominique Coelin est passé à la vitesse supérieure hier à l’occasion des comptes 2012: «les actionnaires ont demandé à la direction du groupe d’étudier une solution alternative à la localisation en France». «Notre typologie de gestion n’est pas la bienvenue en France. C’est pourquoi nous envisageons de protéger notre activité par une délocalisation partielle ou totale», explique-t-il. Celle-ci pourrait concerner les fonds uniquement, ou la société de gestion, ce qui ne manquerait pas de susciter des remous au moment où les pouvoirs publics prétendent soutenir la Place de Paris.
S’il est tentant pour la direction d’ABC Arbitrage d’agiter ce chiffon rouge, certaines décisions à venir pourraient faire pencher la balance, comme la possible extension à la gestion de la limitation des bonus prévue pour les banques, que le Sénat pourrait inclure dans la loi de réforme bancaire. Les dirigeants d’ABC Arbitrage vont d’ores et déjà renforcer sa structure irlandaise, qui abrite l’infrastructure de ses fonds d’investissement.
La société de gestion est sous pression. Le produit de l’activité courante a reculé de 29%, à 53 millions d’euros. Les perspectives de réaliser les objectifs du plan Ambition H2015 s’amenuisent: après un résultat net de 34,3 millions d’euros en 2011 (contre 40 millions projetés), ABC Arbitrage affiche 24,3 millions de bénéfices (contre un objectif de 50 millions). «Si les marchés restent dans les conditions actuelles, nous ne pourrons réaliser les 60 millions prévus en 2013», confirme Dominique Coelin.
ABC Arbitrage a été victime de la très faible volatilité des marchés, en dépit d’événements macroéconomiques majeurs. Les stratégies qui lui avaient permis d’enregistrer de bonnes performances en 2011 se sont retournées contre lui, notamment dans les futures actions et le change. Le gérant compte toutefois poursuivre son développement dans la gestion pour compte de tiers, qui représente 319 millions d’euros sur les 457 millions d’encours gérés. Il vise 400 millions dans les années qui viennent.
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