ABC Arbitrage acte la baisse de sa clientèle externe mais poursuit ses investissements
Coutumière des prévisions pessimistes sur l’avenir de la place de Paris, ABC Arbitrage a annoncé hier un net redressement de ses comptes au premier semestre. La société de gestion alternative enregistre un produit d’activité courante de 26,8 millions d’euros à fin juin, contre 11,1 millions un an plus tôt, et triple son bénéfice net à 11,3 millions d’euros. «Il y a quelques années, en 2010-2011, on n’aurait pas fait le même niveau de résultat avec cette [faible] volatilité» sur les marchés actions, déclare Dominique Ceolin, son PDG.
Le groupe coté n’indique pas s’il atteindra son objectif annuel de 25 millions d’euros de profits, alors que le troisième trimestre qui s’achève dans quelques jours «présente un rythme d’activité en dessous du rythme moyen du premier semestre». Sa dynamique dépend en grande partie de la fébrilité des marchés. «Depuis 1982, il y a eu 60 journées avec une volatilité intraday inférieure à 5%, dont 17 en 2014», pointe Dominique Ceolin. Il déplore ce «changement de paradigme lié à l’intervention des banques centrales» qui apporte «un calme et une sérénité artificiels», malgré la récurrence des crises géopolitiques (Ukraine, etc).
Dans ce contexte, ABC Arbitrage subit une nouvelle baisse de ses encours, tombés à 256 millions d’euros à fin juin contre 348 millions fin 2013 et un pic à 500 millions en 2012. Sa décollecte atteint 100 millions d’euros depuis janvier, après 140 millions en 2013. La clientèle externe (hors compte propre) représente seulement 136 millions d’euros d’actifs, alors que le plan de la société, révisé en début d’année, prévoyait pour l’an prochain 400 millions d’euros d’encours auprès de cette cible. Alors que certains investisseurs se retirent de la gestion alternative, à l’image de CalPers, le premier fonds de pension américain, ABC Arbitrage ne veut pas renforcer son marketing mais mise sur de nouveaux contacts avec des institutionnels nord-américains (les clients domiciliés fiscalement en France étant quasi absents de son portefeuille).
Alors que les marchés américains pèsent 69% de ses opérations au premier semestre, le groupe attend l’agrément de son nouveau bureau de Singapour pour pouvoir traiter en fin d’année et «multiplier par trois son activité asiatique à périmètre constant». Il a aussi ouvert une filiale en Irlande pour proposer à ses contreparties des contrats de nantissement de droit anglo-saxon et estime à 500.000 euros par an ses investissements technologiques à venir.
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