A l’horizon du premier trimestre 2010, l’horizon pourrait s’assombrir
Philippe Percheron, multigérant au CM-CIC Asset Management
Publié le
Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi faites-vous preuve d’un optimisme mesuré pour l’évolution des Bourses mondiales ?
Philippe Percheron : Tout semble être allé très vite, trois mois à peine après le sauvetage des banques et après les soutiens massifs à l’économie, le pire de la crise est passé. Les entreprises annoncent des résultats meilleurs que prévu, et les organismes officiels publient des statistiques confirmant la stabilisation voire le redressement des économies. Malgré cet optimisme, de tous les actifs, les actions sont les seuls à ne pas avoir retrouvé leur niveau d’avant la chute de Lehman Brothers. La raison en est simple. Le rattrapage a simplement comblé l’écart entre cataclysme et récession. Maintenant que les économies sont stabilisées et qu’il n’y a plus d’inquiétude sur la survie des entreprises, il faut, pour que les marchés actions continuent de progresser, une reprise, non plus basée sur les stocks et les plans de soutien, mais solidement assise sur les investissements et la consommation. La croissance des bénéfices doit venir du chiffre d’affaires et pas seulement de la chasse aux coûts.
Craignez-vous une révision à la baisse des perspectives bénéficiaires des entreprises pour 2010 ?
Aujourd’hui, les marchés sont guidés par les flux et par des fondamentaux favorables. Mais à l’horizon du premier trimestre 2010, l’horizon pourrait s’assombrir. En effet, beaucoup d’interrogations demeurent sur l’évolution de l’économie mondiale. Parmi ces incertitudes, la consommation est au premier plan. En effet, toute faiblesse à ce niveau pourrait se traduire par un recul de l’économie mondiale qui pèserait sur les résultats des entreprises.
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