A court terme, les taux longs pourraient rester à un niveau bas
L’Agefi : Les pauses monétaires de la BCE et de la Fed peuvent-elles durer ?
Laurent Bilke : A horizon de trois mois, oui. Au-delà, les discussions sur les stratégies de sortie devraient devenir plus concrètes. Pour l’instant, les deux banques centrales sont à l’unisson : pas de stimulus supplémentaire, mais une consolidation du redémarrage économique est nécessaire avant tout resserrement. Elles sont sceptiques quant à l’idée d’une reprise sans à-coups. Mais, si les signes de consolidation s’affirment comme nous nous y attendons, se posera la question du retrait d’au moins une partie de cette liquidité abondante que les banques centrales ont injectée dans l’économie. L’inflation sera basse, mais la déflation évitée et, avec un petit coup de pouce du prix des matières premières ou des hausses de taxe indirecte, on pourrait s’approcher des niveaux de référence pour les banques centrales. Que les banques centrales commencent par retirer la liquidité avant d’augmenter leurs taux directeurs ou qu’elles fassent l’inverse, l’effet sur les marchés ne sera pas très différent : un cycle de hausse sera anticipé.
Croyez-vous à une nouvelle tension des taux longs des deux côtés de l’Atlantique ces prochains mois ?
C’est aussi une question d’horizon. Pour l’instant, les taux longs peuvent rester à un niveau relativement bas, étant donné l’afflux de liquidité et la toujours fragile reprise économique. Ce cocktail explique la concomitance d’une consolidation du marché actions et d’une stabilisation des taux longs à un niveau relativement bas. Mais, en 2010, on entrera dans une autre phase du cycle. La tendance, aux Etats-Unis comme en Europe, sera alors bien à la remontée des taux longs.
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