Les femmes restent sous-représentées dans le capital-investissement
La féminisation du capital-investissement progresse. Selon une étude publiée lundi par Deloitte et l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), les femmes représentaient 40% des effectifs des sociétés de gestion en 2016, en légère hausse (+1%) par rapport à l’année précédente. «Nous observons une progression lente mais régulière», explique Alexandra Dupont, associée de Raise et présidente du club «Afic avec Elles», qui promeut la place des femmes dans le domaine. «Il y a une prise de conscience réelle, mais la parité est loin d’être atteinte» : on ne comptait par exemple que 16% de directrices de participations en 2010, contre 24% aujourd’hui.
Hors stagiaires, les femmes ne sont que 23% en moyenne en 2016 dans les équipes d’investissement, ne comprenant ni les postes en back-office (secrétaires, relations investisseurs, communication), ni les «fonctions support» (assistantes, secrétaires, informatique) qui, avec 63% et 84%, sont fortement féminisés. Les équipes d’investissement regroupent analystes et chargé(e)s d’affaires (31% de femmes), ainsi que directeurs(trices) de participations (24%), associé(e)s (15%) et membres du directoire et du comité exécutif (15%). Le plafond de verre fait barrage : plus on monte en grade, moins elles sont nombreuses.
De même, elles ne représentaient l’an dernier que 24% des recrutements de ces équipes. «Ce sont en général des équipes assez restreintes. Ce n’est pas évident d’avoir une politique de mixité si l’on ne recrute que tous les deux ou trois ans», précise Alexandra Dupont. En outre, le secteur a aussi tendance à en perdre un certain nombre années après années. «La maternité pose encore problème. Sans role-model qui montre qu’il est possible de concilier vie professionnelle et vie privée, certaines femmes préfèrent requérir d’autres postes ou d’autres secteurs», constate Claire Deguerry, associée financial advisory chez Deloitte.
Parmi les sociétés interrogées, seule une société sur deux (51%) affiche un objectif de mixité de son équipe, tandis que plus de 60% des entreprises sondées ne mettent en œuvre aucune action spécifique pour les femmes. «Le recrutement se fait principalement en écoles de commerce, où elles sont majoritaires. Il est ainsi possible de recruter un grand nombre de femmes dès l’entrée», atteste Claire Deguerry. «Le challenge est de recruter de plus en plus de femmes et de les faire croître dans les sociétés. C’est par la base que le changement peut se faire», assure-t-elle.
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